Le président tchèque tacle les services de renseignements

S'exprimant mardi à la radio tchèque à l'occasion du 75e anniversaire de l'insurrection de Prague, le président Miloš Zeman a déclaré que les menaces de poursuites de la Russie à l'encontre des politiciens pragois autour du déboulonnage de la statue du maréchal Koniev étaient une réaction excessive. Mais il a toutefois estimé que cet événement, ainsi que le changement de nom de la place devant l'ambassade russe et d'autres actions de ce type, étaient le résultat de la stupidité d'hommes politiques locaux insignifiants. Selon lui, la protection policière attribuée à ces trois maires n'est pas justifiée.

Le président tchèque en a profité pour tacler deux agences de renseignement tchèques. Il a mis en doute la venue supposée d'un agent russe muni d'une valise contenant de la ricine, estimant que si c'était le cas, les services de renseignement auraient dû le confirmer et lui en faire état. Il a estimé que sur trois services de renseignement, deux d'entre eux étaient « totalement inutiles ». Ce n'est pas la première fois que le chef de l'Etat tchèque exprime une vision critique du BIS et de son directeur Michal Koudelka qu'il a refusé à plusieurs reprises de nommer général. Le BIS met depuis quelque temps en garde dans ses rapports sur l'influence grandissante de la Russie et de la Chine dans le pays et sur la recrudescence de leurs activités de renseignement sur le territoire tchèque.

Auteur: Anna Kubišta