Restitution des biens aux Eglises : l’archevêque de Prague pas favorable à un éventuel report

L’archevêque de Prague, Dominik Duka, n’est pas favorable à l’idée de reporter à plus tard la restitution des biens confisqués par l’Etat aux Eglises du pays sous le régime communiste. En raison de la crise économique et des mesures d’austérité mises en place par le gouvernement, certains responsables politiques critiquent le projet de restitution adopté par la coalition gouvernementale en début d’année. Ce mardi, à Prague, à l’occasion d’un forum consacré à la question des restitutions, Dominik Duka a déclaré qu’il était convaincu que la crise économique actuelle pouvait durer encore de longues années. Toutefois, l’archevêque a dit que si le projet n’était pas adopté par le Parlement, il ne pouvait imaginer que les Eglises portent plainte contre l’Etat et réclament devant les tribunaux le retour de leurs biens confisqués. « L’Eglise n’accepterait pas qu’une injustice soit remplacée par une injustice encore plus grande. Elle ne peut pas exiger en justice un dédommagement à des milliers de familles », a-t-il expliqué. Selon Dominik Duka, le projet de restitution approuvé par le gouvernement est le résultat de longues négociations entre les parties concernées. « C’est un compromis et c’est pourquoi personne ne peut être entièrement satisfait », a-t-il justifié sa position. Selon le projet de loi, l’Etat s’engage à restituer à dix-sept Eglises du pays 56 % de leurs biens et à leur verser aussi progressivement, sur une période de 30 ans, une compensation de 59 milliards de couronnes (2,35 milliards d’euros) pour les biens ne pouvant être restitués. Par ailleurs, l’Etat et les représentants des Eglises se sont entendus sur une période transitoire de dix-sept ans pendant laquelle les Eglises recouvreront leur indépendance économique.