Bouleversement à la direction de la CEZ
CEZ, c'est la compagnie d'électricité tchèque, le producteur de l'énergie électrique, mais aussi son distributeur, en grande partie. Une société où l'Etat est majoritaire. L'Etat a donc droit de décision... Ce qui vient d'arriver.
CEZ, c'est ce qu'est un peu l'EdF en France : la compagnie qui fabrique l'électricité. Elle possède donc les moyens de production de cette source d'énergie la plus utilisée de nos jours, indispensable même, car elle alimente l'informatique, le secteur clé du siècle actuel. CEZ, ce sont les centrales thermiques, les centrales nucléaires, mais aussi un certain nombre de compagnies de distribution de l'énergie électrique (50 % du marché). CEZ, c'est aussi, en fin de compte, une société publique, car plus de la moitié de son capital est détenu par l'Etat. Cela veut donc dire que CEZ, le géant tchèque de l'énergie électrique, est, ou devrait être sous la tutelle de l'Etat. Cet Etat vient de faire valoir ses droits en démettant de ses fonctions de président du Conseil d'administration de CEZ, le directeur général, Jaroslav Mil, trois ans en fonction. Pourquoi ? Parce que le directeur n'a pas pris en compte les recommandations du gouvernement, concernant l'achat, lors d'un appel d'offres, des compagnies minières tchèques de la Bohême de l'ouest et du nord-ouest. Deux ministres, Bohuslav Sobotka aux Finances et Milan Urban à l'Industrie, viennent d'imposer le départ de Jaroslav Mil du Conseil d'administration de CEZ. Il reste, pour quelques temps encore, directeur général. Un directeur général qui, fort de la position de géant de la compagnie d'électricité tchèque, la CEZ, pensait, peut-être, qu'il pouvait résister, ou faire face aux tendances gouvernementales. Alors que le gouvernement lui recommandait de payer les dividendes aux actionnaires, le directeur Mil avait opté pour l'investissement des bénéfices de CEZ dans l'achat des mines de lignite tchèque. Un bénéfice qui n'est pas des moindres : la compagnie nationale CEZ réalise un chiffre d'affaires de 50 milliards de couronnes par an. Pour s'en faire une idée, cela représente près de la moitié du déficit budgétaire annuel de la République tchèque ! Le directeur général, Jaroslav Mil, semble avoir oublié qu'il dirigeait une entreprise publique, administrée par l'Etat, ce dernier étant le principal actionnaire, c'est à lui qu'incombe, en tant que représentant du contribuable, de décider des opérations financières de grande envergure. D'un autre côté, les experts en économie et stratégie n'ont rien à reprocher à Mil, le directeur général de CEZ pour quelque temps encore : il avait augmenté le chiffre d'affaires, les bénéfices, employait dans les 7 000 personnes, mais n'aurait pas dû oublier qu'il dirigeait une entreprise publique.




