La Tchéquie et les accusations américaines contre l'Irak
Les médias tchèques consacrent, tout naturellement, une très grande attention aux accusations contre l'Irak, prononcées sur le sol de l'ONU, par le ministre des Affaires étrangères des Etats-Unis.
Les quotidiens tchèques reviennent à la prestation du chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, devant le Conseil de sécurité de l'ONU. Les premières pages reproduisent surtout les photographies présentées en tant que preuves des mensonges de l'Irak, en tant que preuves que le régime de Saddam Hussein ne désarme pas et ne coopère pas avec les inspecteurs de l'ONU. Ces documents ont, naturellement aussi, été présentés sur les chaînes de télévision. Les Tchèques ont pu se faire une idée de la menace éventuelle que représente l'Irak, non seulement pour les Etats-Unis, mais aussi pour le monde entier. Le quotidien national, Lidove noviny, comme d'autres médias tchèques, remarquent que le ministre américain des Affaires étrangères n'a pas tellement réussi à persuader tous les membres du Conseil de sécurité. La France, la Chine et la Russie sont restées sur leur position réservée envers une éventuelle offensive contre le régime de Saddam Hussein. Le quotidien Lidove noviny cite le chef de la diplomatie française, Dominique de Villepin, qui a déclaré, à l'issue de la démonstration de Colin Powell : « L'emploi de la force est le dernier recours. Nous devons continuer et rendre les inspections en Irak encore plus sévères ». Le quotidien Lidove noviny cite, comme d'autres médias, l'opinion des spécialistes sur les informations fournies par les Etats-Unis. Par exemple Barthélémy Courmont, de l'Institut international des relations stratégiques, à Paris. Ce dernier affirme que les photographies et les documents présentés sont certainement authentiques. De là à affirmer que les camions qui circulent autour de certains bâtiments transportent des missiles ou des ogives de combat, il y a encore loin. Le président tchèque de l'Assemblée générale de l'ONU, Jan Kavan, ancien ministre des Affaires étrangères, a déclaré que le chef de la diplomatie américaine, Colin Powell, avait présenté assez de preuves que l'Irak cachait certaines choses. D'un autre côté, il adopte la même position que la France, la Chine et la Russie : les inspecteurs de l'ONU doivent déterminer si l'Irak possède ou non des armements interdits. Officiellement, la République tchèque s'est déclarée prête à répondre à la demande des Etats-Unis et à participer à une éventuelle offensive contre l'Irak. A une seule et importante condition : sur la base d'un mandat de l'ONU. Une autre participation des forces armées tchèques pourrait être envisagée : dans le cas de l'emploi d'armes de destruction massive par Saddam Hussein, la Tchéquie mettraient, à la disposition des alliés, son unité de décontamination chimique, forte de 358 hommes et basée actuellement au Koweït.




