Ligue des champions : deux points perdus pour le Slavia pour commencer, mais un nouveau héros sénégalais gagné
Pour son grand retour en Ligue des champions, six ans après sa dernière participation, le Slavia a concédé un résultat nul (2-2) face aux Norvégiens de Bodø/Glimt, mercredi soir, devant son public, au terme d’un match très animé et riche en rebondissements.
Auteur des deux buts pragois pour sa première titularisation sous le maillot rouge et blanc, le jeune latéral gauche sénégalais Youssoupha Mbodji, qui évoluait encore en National 3 (l’équivalent de la 5e division) en France la saison dernière, aura été un des grands bonhommes de la soirée.
Pour l’amateur de football neutre, s’il n’était ni tchèque ni norvégien, ce Slavia Prague - Bodø/Glimt, parmi toutes les affiches que proposait la 1ère journée de la phase de ligue de la plus prestigieuse des compétitions européennes de clubs, était probablement, ne serait-ce qu’avant son coup d’envoi, une des affiches les moins alléchantes sur le papier. Sur le terrain, toutefois, la confrontation entre les champions de Tchéquie et de Norvège aura offert un spectacle indécis et d’une rare intensité près de 100 minutes durant.
Et si le Slavia, qui menait 2-0 à l’entame du dernier quart-d’heure, peut certainement se mordre les doigts d’avoir laissé échapper les trois points de la victoire, après d’abord que Daniel Bassi a réduit le score de près (78e) puis que Sondre Brunstad Fet a égalisé d’une superbe reprise de volée sous la barre (90e) (semblable à celle de Zinedine Zidane pour le Real Madrid contre le Bayer Leverkusen en finale de la Ligue des champions en 2002), forcés ont néanmoins été les supporters pragois de reconnaître que cette étonnnate équipe de Bodø, qui avait déjà surpris toute l’Europe la saison dernière en atteigant les demi-finales de la Ligue Europa et qui disputait, mercredi, le premier match de Ligue des champions de son histoire, n’a pas non plus volé le point du résultat nul tant la qualité de jeu qu’elle a proposée aura été séduisante.
Au coup de sifflet final, l’entraîneur du Slavia, Jindřich Trpišovský, regrettait néanmoins le manque de réalisme, à la fois offensif et défensif, de son équipe alors qu’elle avait le match en main :
« Dans l’ensemble, le match a été d’un bon niveau et équilibré. Nous avons eu plus d’occasions, mais nous avons été trahis par notre manque d’efficacité. Les meilleurs joueurs des deux côtés ont été les gardiens, et cela dit beaucoup de choses du match. Bodø a développé son jeu habituel avec une très bonne conservation du ballon. Mais nous avons réussi à ouvrir le score et, en deuxième mi-temps, nous avons davantage gêné notre adversaire. »
« Il est dommage de l’avoir laissé réduire le score tout de suite après que nous avons inscrit notre deuxième but et d’avoir concédé l’égalisation sur une contre-attaque. Mais avant ça, nous avons eu plusieurs possibilités d’inscrire un troisième but et de tuer le match, et nous avons encore eu deux belles possibilités dans le temps additionnel... Le résultat est difficile à accepter, nous étions à deux doigts de la victoire. Mais on peut aussi retenir que l’on a vu un très bon match de foot disputé dans une ambiance fantastique, même si, encore une fois, c’est dommage d’avoir encaissé ces deux buts évitables. »
Quatre buts inscrits, donc, un penalty arrêté par Jindřich Staněk, le gardien pragois, une frappe sur le poteau de la cage norvégienne et des occasions à la pelle en deuxième période, dont la dernière, en or, tout au bout du temps additionnel et du pied d’Ivan Schranz, le milieu offensif slovaque qui aurait finalement pu offrir la victoire au Slavia, les 19 000 spectateurs qui avaient rempli un stade d’Eden une nouvelle fois trop petit, ne se sont décidément pas ennuyés. Et si Lukás Provod, auteur de deux passes décisives, a été homme du match, les portiers des deux équipes, qui ont multiplié les parades décisives, auraient pu, eux aussi, prétendre à cette récompense honorofique.
La révélation Youssoupha Mbodji
Mais l’autre grand héros de la soirée aura indéniablement aussi été un certain Youssoupha Mbodji. À chaque fois à la conclusion de près de centres venus de la droite, en première (23e) puis en deuxième mi-temps (74e), le jeune latéral gauche sénégalais a inscrit les deux buts du Slavia. Un doublé qui, au bout du compte, a fait oublier les quelques erreurs défensives, dont la faute qui a entraîné un penalty, qui aurait pu côuter cher à son équipe.
Surtout, à 21 ans, et alors qu’il évoluait encore en amateur en National 3 en France à Évian Thonon l’année dernière, Youssoupha Mbodji a été aligné d’entrée sous le maillot du Slavia, mercredi, pour la première fois depuis son arrivée à Prague en août dernier, en provevance du championnat de Tchéquie de deuxième division.
Pour ses grands débuts en Ligue des champions, le jeune défenseur sénégalais, qui remplace au Slavia son compatriote Malick Diouf parti cet été à West Ham, a eu droit aux compliments de son entraîneur ; un Jindřich Trpišovský qui, malgré l’enjeu du match et le niveau d'exigence de la compétition, n’avait pas hésité à lui faire confiance :
« Nous l’avons titularisé parce que nous voulions avoir un gaucher sur le côté gauche. Aussi parce que nous avions remarqué un point faible sur le côté droit de la défense de Bodø et nous savons que Youssoupha est très bon offensivement. Effectivement, c’était un choix audacieux, mais nous voyons aussi ce qu’il est capable de faire tous les jours à l’entraînement. Après, c’est dans la tête du joueur que ça se passe. »
« Youssoupha a commencé le match par une erreur qui, heureusement, a été rattrapée par notre gardien. Mais pour le reste, il a confirmé son potentiel. Nous avons préféré le remplacer pour le dernier quart d’heure parce qu’il avait été averti, mais si l’on considère où il jouait il y a encore seulement un mois, je pense pouvoir dire qu’il a été l’auteur d’une performance phénoménale aujourd’hui. »
Et s’il n’a pas été possible de l’interroger personnellement à l’issue du match, les dirigeants pragois ayant préféré le protéger de l’attention des médias, Youssoupha Mbodji, après donc sa performance majuscule de mercredi soir, aura très probablement bientôt de nouveau l’occasion de s’exprimer sur le terrain. Et ce, peut-être dès le prochain rendez-vous du Slavia en Ligue des champions, un déplacement à Milan contre l’Inter, le 30 septembre.




