Manque de galanterie chez certains représentants politiques tchèques

Petra Buzkova, photo: CTK

Une partie de la représentation masculine politique tchèque semble avoir encore beaucoup à faire sur le chemin de la galanterie, pour ne pas dire de la politesse élémentaire.

Petra Buzkova,  photo: CTK
Beaucoup de femmes tchèques sont surprises lorsqu'elles se rendent à l'étranger, du moins dans les pays européens ou aux Etats-Unis : elles sont l'objet d'une galanterie de la part des représentants du sexe qui se dit fort, qu'elles ne connaissent pas dans leur pays. En effet, il est courant, en France ou ailleurs, que l'homme respecte les règles fondamentales de la politesse : ouvrir la porte de la voiture et assister lors de la descente de voiture, ouvrir la porte d'un restaurant, offrir la chaise à sa partenaire, allumer sa cigarette, éventuellement même, l'accompagner jusqu'aux toilettes, pour qu'elle puisse se refaire un brin de beauté.

Est-il courant de commenter les proportions de sa collègue à haute voix, voire dans la presse, même dans ce qu'on appelle la presse à sensation ? Certainement non, vous répondront les personnes possédant une certaine éducation, disons bien élevées. Il semble que ce ne soit pas l'avis de certains députés tchèques, toutes formations politiques confondues, qui se sont laissés aller à commenter une opération de chirurgie esthétique que leur collègue, Petra Buzkova, a dû subir pour des raisons médicales. Petra Buzkova, ministre de l'Education nationale, politicienne la plus populaire dans le pays, qui est, en premier lieu une femme, avait déjà fait la une d'un canard à scandale l'ayant présentée sur son lieu de vacances en Croatie comme une bonne partie des femmes aiment à se reposer au bord de la mer, donc sans soutien-gorge. Rien de mauvais dans les photographies, mais les commentaires étaient déjà scandaleux, voire outrageant. La ministre s'était refusée à tout commentaire, qualifiant le canard de scandaleux et déclarant qu'elle n'était pas tombée aussi bas encore pour le poursuivre en justice. Cette semaine, après que Petra Buzkova ait subi une intervention de chirurgie esthétique destinée à réduire le volume de sa poitrine, cette mère de famille a pu entendre les commentaires suivants de certains de ses collègues : « Madame la ministre a perdu ses deux avantages ». Ou bien : « C'est un changement radical, mais comme j'ai de grosses mains, j'aime mieux les plus grosses dimensions ». Ce sont ces messieurs, les députés qui commentent, ainsi, une opération certainement des plus contraignantes et douloureuses subie par leur collègue féminine.

Le Premier ministre, Vladimir Spidla, n'a pas hésité à déclarer que leur comportement était honteux, que ces « gens », n'étaient pas des hommes responsables, mais des enfants. Les députés incriminés, eux, ne voient rien de mal à leurs déclarations. L'un d'eux affirme même qu'il est non seulement député, mais aussi un homme, et qu'il a tous les droits de commenter le volume de la poitrine de sa collègue à la Chambre. Reste à voir si les médias commentaient aussi ses priorités masculines ! Réaction des spécialistes s'intéressant à l'égalité des sexes ? Michaela Marksova- Tominova du Centre pour l'étude des sexes est déçue : « Ceux qui se sont exprimés ainsi devraient avoir honte, mais ils s'en fichent. En tant qu'élite de la nation, qu'ils devraient représenter, ils ont présenté la norme de conduite d'une partie de cette élite ».