Les Pragois à la veille des législatives
A quelques jours des législatives, les activités des candidats, tout comme les manifestations diverses se multiplient. Un aperçu de la scène pragoise par Alain Slivinsky.
Les élections législatives, qui auront lieu les 14 et 15 juin, en République tchèque, sont une bonne occasion pour l'organisation de diverses manifestations, à Prague le plus souvent sur la place Venceslas. Ainsi donc, lundi, une vingtaine de personnes y a manifesté, contre les Décrets du Président Benes. Comme l'a déclaré le journaliste Jiri Penas, les participants manifestaient contre l'ignorance des crimes qui ont été commis, lors du transfert des citoyens tchécoslovaques d'origine allemande, après la Seconde Guerre mondiale. Les politiciens tchèques ont refusé, dans leur majeure partie, l'abolition des Décrets du Président Benes, réclamée par certains milieux allemands et autrichiens, car les autorités tchèques les considèrent comme « éteints ».
Dans le cadre de la campagne électorale, les moyens employés sont des plus divers. L'initiative civique « La restauration de la bonne conduite » a vraiment employé les grands moyens, sur la place Venceslas, de nouveau. Une très bonne sonorisation, un animateur connu, Martin Mejtrik, l'ancien leader estudiantin de novembre 1989, accompagné de l'actrice Eva Holubova. Cela n'a pas suffi : ils ont attiré seulement quelques centaines de personnes. Cette initiative critique surtout l'atmosphère politique actuelle et appelle à ne pas voter pour la principale formation de l'opposition, le Parti civique démocrate (l'ODS). Le leader de ce parti, Vaclav Klaus, qui est aussi le président de la Chambre des députés sortante, a choisi, lui, un moyen original. Il paraît qu'il a suivi l'exemple du président des Etats-Unis, Georges Bush. Vaclav Klaus téléphone à des millions de foyers tchèques. L'ordinateur compose les numéros des Pages jaunes tchèques (qui s'appellent les Pages dorées) et si l'on décroche, on peut entendre un petit discours de trente secondes. Que nous dit le président du Parti civique démocrate ? Il s'excuse de nous déranger et nous met en garde contre le danger représenté par la gauche, nous promettant l'espoir avec le gouvernement de l'ODS. A la fin, il nous invite à voter pour son parti. Ce procédé est-il moral ? Comme nous l'avons dit : tous les moyens sont bons pour attirer l'électeur !