Nova, la fin d'un empire ?

Assiste-t-on à la fin d'un empire de l'audiovisuel et la fin de son empereur ? La télévision privée, Nova, avec le taux d'audience le plus élevé en Tchéquie, fait, de nouveau, la une des médias. Alain Slivinsky.

Nova
Les litiges, qui ont éclaté au sein de la télévision privée, Nova, révèle un fait extraordinaire : personne ne sait qui représente vraiment la chaîne, qui est son vrai propriétaire. Après un grave conflit avec son partenaire américain, le directeur Vladimir Zelezny se retrouve face à ses anciens alliés, son avocat, sa directrice des programmes, son financier... Les banques ont pris peur et ne font plus confiance à l'une des entreprises les plus prospères en République tchèque. Elles demandent le remboursement immédiat de leurs crédits. La télévision Nova, ce sont dans les 170 millions d'euros de recettes par an. Mais Nova n'est que le nom d'une S.A.R.L. qui diffuse les programmes télévisés. L'empire audiovisuel de la plus grosse chaîne de télévision privée tchèque, ce sont plusieurs sociétés dont, en premier lieu, CET 21, la plus importante, car c'est elle qui détient la licence de diffusion. Elle est détenue par une multitude de personnes morales et physiques, dont les relations financières sont tellement compliquées qu'on ne s'y retrouve plus. Intéressant de constater que Vladimir Zelezny ne figure pas parmi elles. Vladimir Zelezny, celui qu'on surnomme le « mage tchèque de l'audiovisuel » a été révoqué du poste de directeur général, la semaine dernière, lors d'une réunion de la CET 21, celle qui possède la licence. Pour l'instant, c'est toujours lui qui dirige la télévision Nova. Cela fait neuf années qu'il conduit son bateau, contre vents et tempêtes, neuf années aussi, au cours desquelles, il n'a pas hésité à se servir de la chaîne à des fins politiques, cela dans « Son » émission, « Appelez le directeur ». Les finances de cet imbroglio qu'est Nova, CET 21 et compagnie, sont d'une opacité exquise, d'où la crainte des banques pour leur argent. Elles ont prêté à l'empire Nova dans les 100 millions d'euros et n'ont pas envie de les perdre. Le directeur Zelezny les a appelées à patienter, mais il semble bien que les banquiers, ses anciens grands amis, ne veuillent pas attendre, prêts à aller jusqu'au bout. Le bout... une faillite éventuelle de Nova. Une faillite qui conduirait à sa liquidation totale, car la loi sur l'audiovisuel ordonne le retrait de la licence de diffusion à une société, le jour même de sa mise en liquidation. Ce serait une révolution dans le paysage audiovisuel tchèque !

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