Après la mise à mort de cheikh Yassine
A la Une de toute la presse tchèque, le meurtre de cheikh Yassine, fondateur du mouvement radical palestinien, le Hamas. Le ministère des Affaires étrangères a aussi réagi.
« C'est très malheureux, et des attaques de ce type ne peuvent rien résoudre. Le problème réside dans le fait que les événements s'enchaînent ; les attaques répondent à d'autres attaques ». Ce sont les paroles du ministre des Affaires étrangères de la République tchèque, Cyril Svoboda, après la mort de cheikh Yassine.
La position de la presse et des commentateurs est, en général, assez négative. Le quotidien Lidove noviny titre : « Sharon a fait abattre cheikh Yassine ». Son commentateur, David Shorf, constate, dans son article, que les Israéliens doivent avoir la chair de poule, dans l'attente de la réplique brutale des Palestiniens. Pour lui, ce meurtre ouvre une voie sans issue : le Hamas va encore forcer pour attaquer Israël de l'extérieur et de l'intérieur. Le quotidien s'interroge, aussi, sur le sort de Yasser Arafat, qui pourrait bien être la cible suivante. Le spécialiste en politique étragnère du quotidien économique, Hospodarske noviny, Adam Cerny, décerne trois raisons à la décision du Premier ministre israélien de faire tuer cheikh Yassine : une réponse à l'attentat suicide de Jérusalem, en février, et à un attentat à la bombe semblable, à la mi-mars, à Ashdod. Ensuite la continuation des « opérations ciblées », comme est dénommée par Ariel Sharon la liquidation physique des leaders palestiniens qu'il accuse de l'organisation et de la préparation des attentats. En dernier lieu, par la liquidation du fondateur du Hamas, le Premier ministre israelien, désire empêcher les radicaux palestiniens de fêter comme une victoire le retrait annoncé des Israéliens de la Bande de Gaza. Adam Cerny constate aussi que ces raisons ne présentent aucune logique : en effet, elles ne conduisent pas à la solution du conflit.
Le ton est un peu différent dans le quotidien Mlada fronta Dnes. Dans plusieurs commentaires, il constate que la mort de cheikh Yassine ne mène à rien, que tuer un vieillard paraplégique sur un fauteuil roulant et à demi aveugle ne représente pas un acte de juste défense. Pourtant, aussi bien Petr Pravda, dans son article « Yassine était plus qu'un terroriste » et Ivan Stampach en écrivant « Missiles et fauteuil roulant », mettent en évidence que Yassine était le chef spirituel du Hamas, qu'il était un créateur du terrorisme, qu'il inscitait les Palestiniens à réaliser des attentats suicides. Pour cela, il méritait, peut-être, la mort. Il est aussi indispensable de remonter aux racines du litige israélo-palestinien.Le quotidien Pravo analyse, aussi, les raisons qui ont conduit Sharon à ordonner la mise à mort de Yassine : soit un « coup de tête », après l'attentat sanglant de Ashdod, ou bien une vision à long terme de la sécurité de l'Etat d'Israël. Sharon et d'autres membres de son gouvernement préconisent une solution, depuis l'automne dernier : « Si vous ne voulez pas négocier la paix, nous quitterons vos territoires et vous pourrez faire ce que vous voulez. Trouvez du travail où vous voulez, mais nous vous mettons sévèrement en garde si, après la fin de l'occupation, vous attaquez notre pays » !
Pour la presse et les médias tchèques, les Israéliens et les Palestiniens se trouvent au bord d'une nouvelle guerre...




