Des chercheurs tchèques mettent au point un composé qui limite les effets annexes du diabète

Des scientifiques tchèques ont mis au point un nouveau composé expérimental qui pourrait déboucher sur un traitement plus sûr du diabète de type II. Il protège les os et réduit la fragilité osseuse,  celle-ci étant un effet secondaire courant des médicaments actuels. Les résultats de l’étude menée entre autres par l’Académie des Sciences de Tchéquie ont été publiés dans la revue Metabolism.

En 1921, le chercheur canadien Sir Frederick Grant Banting et son équipe de l’Université de Toronto, découvraient l’insuline, un médicament considéré comme un véritable miracle à l’époque : en effet, avant cette découverte révolutionnaire, les personnes souffrant de diabète étaient condamnées à mourir dans les trois ou quatre ans.

Photo illustrative: Pixabay,  CC0 Public Domain | Photo illustrative: Pixabay,  Pixabay License

Si aujourd’hui, les innovations technologiques ont grandement amélioré le quotidien des patients, les aidant à mieux gérer cette maladie chronique, l’insuline demeure aujourd’hui, encore indispensable pour les personnes atteintes de diabète de type I et est un traitement essentiel pour beaucoup de patients atteints de diabète de type II. Mais avec le diabète surviennent des effets autres sur l’organisme que la maladie elle-même : par exemple, le diabète abîme et fragilise les os. D’un côté, la présence de cette maladie, en perturbant le métabolisme osseux, avancerait de dix ans la survenue d’une fracture liée à l’ostéoporose, et  parallèlement, les traitements du diabète jouent parfois un rôle dans l’apparition d’un problème osseux non-existant auparavant.

Ondřej Kuda | Photo: Institut de physiologie de l’Académie des sciences

La découverte d’un nouveau composé expérimental, le MSDC-0602K, par des scientifiques tchèques pourrait donc constituer une avancée significative dans le traitement du diabète de type II, améliorant non seulement la sensibilité à l’insuline, mais renforçant également les os et réduisant le risque de fractures osseuses. Selon le principal auteur de l’étude, Ondřej Kuda, de l’Institut de physiologie de l’Académie des sciences, la substance avait été développée à l’origine pour le traitement de la stéatose hépatique.

« La plupart des patients qui souffrent de ces maladies métaboliques en cumulent plusieurs à la fois. Un médecin prescrit la substance en question contre la stéatose hépatique, or il y a de fortes chances que le patient souffre également de diabète de type II, même si c’est dans une moindre mesure. Mais comme il sera déjà traité avec ce médicament, il est possible que l’effet secondaire positif que nous avons trouvé lui soit bénéfique. »

Des cellules graisseuses dans la moelle osseuse | Source: Institut de physiologie de l’Académie des sciences

Ce nouveau composé, qui répond au doux nom de MSDC-0602K, active des solutions métaboliques spécifiques qui favorisent la croissance de nouvelles cellules osseuses et réduisent la formation de cellules graisseuses dans la moelle osseuse. Cet effet pourrait être crucial pour les patients diabétiques souffrant d’un risque accru de fractures. Les chercheurs ont globalement constaté que, contrairement aux anciens thiazolidinediones (TZD), ces médicaments antidiabétiques oraux qui améliorent la sensibilité périphérique à l’insuline et réduisent la glycémie, le MSDC-0602K agit ainsi plus efficacement sur les différents organes. Cependant, pour confirmer le potentiel de ce nouveau composé, des essais cliniques doivent d’abord être achevé et validés.

« Cette substance fait déjà l’objet d’essais cliniques. Elle cible principalement la stéatose hépatique. D’après mes informations, elle en est à la phase III des essais cliniques, elle pourrait donc être approuvée d’ici un an environ. Nous avons découvert un effet secondaire positif, à savoir qu’il ne détruit pas les os et qu’il leur est au contraire bénéfique. Mais l’objectif premier de la société qui a développé cette substance était de traiter la stéatose hépatique. »

En Tchéquie, plus d’un million de personnes sont traitées pour un diabète de type II, tandis que 2 à 3 % de la population en sont atteints sans le savoir. Le mode de vie est une des raisons principales de la maladie, les personnes souffrant d’obésité – soit un cinquième de la population tchèque – étant une catégorie tout particulièrement à risque.

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