EXPO 2025 : à Osaka, malgré un couac de dernière minute, le pavillon tchèque attend enfin ses visiteurs
L’Exposition universelle 2025 sera inaugurée à Osaka ce samedi, avant une ouverture au public dimanche. La Tchéquie espère embrayer sur son succès de 1970 alors que l’EXPO 2025 se déroule dans la même ville portuaire du sud du Japon qu’à l’époque. Un problème lié au financement du pavillon tchèque a toutefois failli empêcher son ouverture dans les temps.
Depuis la fin des années 1950 et le succès de la Tchécoslovaquie à Bruxelles, les expositions universelles sont toujours un rendez-vous attendu pour présenter l’art, la culture et le savoir-faire tchèques. C’est dans cette lignée qu’entendent s’inscrire la plupart des personnes chargées d’organiser cette représentation du pays, que ne manque jamais de mettre en valeur la diplomatie tchèque. D’ailleurs, le ministre des Affaires étrangères Jan Lipavský, sera présent samedi, à Osaka, pour l’inauguration de l’événement dans le cadre d’une visite de quatre jours au Japon, qu’il entamera dès ce jeudi. Commissaire général de l’Exposition universelle pour la Tchéquie, Ondřej Soška rappelle :
« Les expositions universelles sont un événement mondial. Je les compare toujours aux Jeux olympiques. Une telle exposition a lieu tous les cinq ans et donne l’occasion aux pays de se présenter à des millions de visiteurs. Nous ferons de notre mieux pour organiser un grand événement au Japon. La Tchécoslovaquie a connu un grand succès lors des expositions universelles de 1958 à Bruxelles, de 1967 à Montréal et de 1970 à Osaka. Lors de ces événements, le cristal de Bohême a acquis une renommée mondiale et est devenu un article commercial très populaire. Il y a donc bel et bien des résultats et j’espère que nous poursuivrons le succès de la Tchécoslovaquie en 1970 à Osaka. »
Une ombre au tableau toutefois a failli gâcher la fête : alors que l’exposition internationale qui a lieu tous les cinq ans et est considérée comme l’un des grands événements mondiaux servant à inspirer les différents pays à innover dans tous les secteurs d’activité, la Tchéquie ne savait pas, jusqu’à la dernière minute, si elle pourrait ouvrir son pavillon dans les délais impartis.
En cause : le coût de sa construction qui a augmenté de manière significative dans sa phase finale. Alors que le ministère des Affaires étrangères disposait de 193 millions de couronnes pour la construction du bâtiment, la facture est passée à 286 millions en raison de travaux supplémentaires. Bien qu’averties de l’urgence dès le mois de février, les autorités tchèques n’ont réagi que tardivement, selon le site de la Radio publique tchèque iRozhlas.cz, conduisant la diplomatie tchèque à conclure un accord de dernière minute avec l’entrepreneur chargé de la construction du pavillon, la société japonaise Daisue, pour qu’il termine le bâtiment et le reste des travaux, mais à crédit, évitant ainsi le risque d’un discrédit d’envergure internationale.
Le thème général de l’exposition est « Concevoir la société future pour nos vies », et la République tchèque a choisi d’axer son pavillon sur le sous-thème « Autonomiser les vies » en mettant l’accent sur le « talent et la créativité », comme réponse aux problèmes mondiaux auxquels la population est confrontée, comme le changement climatique, la pauvreté ou l’insécurité alimentaire. Pour la diplomatie tchèque, l’EXPO 2025 est « le plus grand événement de la décennie » qui doit aider les exportateurs tchèques, l’économie, la diplomatie, le tourisme et, en fin de compte, les citoyens tchèques.
Le pavillon en question a été construit à partir de bois et de verre originaires de Tchéquie, et se présente sous la forme d’une spirale en cristal, composée d’un espace intérieur entouré d’un espace creux en forme de tube. L’ensemble du pavillon mesure 12 mètres de haut. Représentant d’Apropos Architects, le studio qui a conçu le projet, l’architecte Michal Gabaš en dit plus :
« Nous avons pensé que le thème ‘Autonomiser les vies’ signifiait également se concentrer sur soi-même et c’est ainsi qu’est né le concept de ‘vitalité’. La spirale du pavillon représente le chemin du développement personnel. Au sens littéral du terme, elle favorise également la vitalité, car il faut courir et faire un peu d’exercice. »
La nuit tombée, deux enseignes lumineuses attirent le regard vers le pavillon tchèque : Czechia, en anglais, et trois caractères japonais « チェコ » prononcés « tché-co ». Tout premier édifice de l’exposition visité par le Premier ministre japonais Shigeru Ishiba le week-end dernier, le pavillon tchèque se présente dans les domaines de la robotique, de l’intelligence artificielle, des technologies de l’information, mais aussi, par exemple, dans le secteur des jeux vidéo. Mais impossible de faire l’impasse sur un des aspects de la culture tchèque, très prisée des Japonais : ainsi l’œuvre du peintre et affichiste Alfons Mucha, qui a notamment beaucoup inspiré les auteurs de manga, y est également présente, de même que la musique via les compositions d’Antonín Dvořák.