La tragédie oubliée du village de Ploština, rasé par les nazis
Non loin de la frontière slovaque, les villages de la Valaquie morave, une région montagneuse, sont devenus un refuge pour les groupes de partisans pendant la Deuxième Guerre mondiale. Mais les habitants de Ploština, Prlov et Vařákové Paseky ont payé un lourd tribut pour leur soutien à la Résistance.
C’est dans la région de Zlín, en Moravie centrale, que vivaient au début du XXe siècle des « pasekáři », ces petits agriculteurs cultivant des terres difficilement accessibles. Vivant dans des maisons en bois isolés et disséminés sur les collines locales, ils soutenaient des combattants engagés dans la Résistance, dont les activités se sont intensifiées dans cette région frontalière après le soulèvement national slovaque de 1944.
A la suite d’une dénonciation, les troupes SS envahissent le village de Ploština le 19 avril 1945. Sous l’emprise de l’alcool, ils pillent, détruisent et assassinent en masse. Hommes, femmes et enfants sont jetés dans des maisons en flammes et fusillés. Seul un homme a survécu, Jan Machů, qui est parvenu à s’échapper par une fenêtre. Quelques jours plus tard, des massacres similaires ont lieu à Prlov et Vařákové Paseky.
Des criminels jamais inquiétés
Après la guerre les commandants SS responsables de ces tueries ont échappé à la justice. Josef Pawlofski, ancien professeur et philosophe, a vécu paisiblement à Munich sans être inquiété par la justice. Erich Wienecke, un autre des principaux acteurs, n’a jamais eu à répondre de ses crimes. Mais la trajectoire la plus intéressante est celle de l’adjudant Tutter, un ancien membre de l’Abwehr qui a collaboré avec la Sécurité d'État communiste après la guerre.
La mémoire des victimes honorée
Aujourd’hui, la tragédie de Ploština n’est plus oubliée. Le musée de la Moravie du Sud-Est a préparé un programme intitulé Ploština 80 pour le 80e anniversaire de la fin de la guerre, qui prévoit des événements éducatifs, culturels et sportifs. Le mémorial a été rénové et propose une nouvelle exposition retraçant ces événements tragiques. L’espace intérieur en béton brut rappelle la tragédie elle-même. Via d’impressionnantes colonnes lumineuses, il présente également aux visiteurs toutes les victimes du massacre par leur nom : Josef Zvonek, František Machů, Bedřich Rak, Anastázie Zichová...
