Iran : les réactions tchèques sur fond de crainte d’une hausse des prix du carburant
En Tchéquie aussi, les réactions ne se sont pas fait attendre suite aux frappes américaines de dimanche matin sur des sites nucléaires iraniens : si cette intervention est « compréhensible » pour la plupart des représentants politiques tchèques, dans la population, on craint une flambée des prix du baril alors que ceux des carburants n’avaient cessé de baisser ces derniers mois.
« Le programme nucléaire iranien constitue une menace sérieuse pour la sécurité internationale, et l’attaque américaine contre trois installations nucléaires iraniennes est un effort compréhensible pour empêcher l’Iran de développer des armes nucléaires », a déclaré dimanche le Premier ministre Petr Fiala (ODS) sur le réseau social X. Il a dit espérer que l’action militaire américaine forcerait le régime iranien à négocier pour calmer la situation au Moyen-Orient.
S’exprimant sur ce même réseau, le ministre des Affaires étrangères Jan Lipavský a déclaré que la Tchéquie suivait de près la situation au Moyen-Orient à la suite des frappes américaines : « Nous comprenons les raisons de sécurité qui ont conduit les Etats-Unis à agir : le programme nucléaire iranien constitue depuis longtemps une menace pour le monde. » Le chef de la diplomatie tchèque a souligné que la Tchéquie était « prête à soutenir tous les efforts visant à trouver une solution diplomatique et à préserver la stabilité régionale. »
La fin du programme nucléaire iranien est une question de sécurité pour l’Europe, a déclaré pour sa part la ministre de la Défense Jana Černochová (ODS), rappelant que les Européens n’ont eu de cesse d’essayer, en vain, de trouver une solution. Elle a dit espérer une désescalade – notamment parce que, selon elle, les intentions de Washington relèvent de l’action ponctuelle et ciblée.
Du côté de l’opposition, le leader du mouvement ANO, Andrej Babiš s’est dit « surpris » de l’attaque américaine : « Il faut espérer que l’étape que Donald Trump a franchie, en prenant la responsabilité de l’ensemble du Moyen-Orient, apportera la paix », a-t-il déclaré d’une émission sur la chaîne CNN Prima News.
La crainte d’une hausse des prix du carburant
Mais ce qui inquiète surtout en Tchéquie, c’est l’éventualité d’une hausse des prix du carburant alors que l’Iran envisage, en guise de représailles, la fermeture du détroit d’Ormuz, ce passage maritime par lequel transite 20 % du commerce mondial des hydrocarbures.
Alors que les prix de l’essence et du diesel n’ont cessé de baisser – ils étaient au plus bas depuis trois ans pour l’un, depuis novembre pour l’autre – les experts s’attendent à une hausse rapide des tarifs à la pompe, à quelques jours de la fin de l’année scolaire et du début des départs en vacances. Une mauvaise nouvelle pour les conducteurs tchèques alors que l’été se profilait comme un des moins chers depuis longtemps : les prix de l’essence pourraient à nouveau grimper jusqu’à 40 Kč/litre, alors qu’à la mi-juin, ils tournaient autour de 32 à 33 Kč/litre. Même chose pour les prix du gaz pour lesquels une hausse est également à craindre. Cette potentielle hausse des prix, qui pourrait impacter le pouvoir d’achat des Tchèques comme après le début de la guerre en Ukraine en février 2022, tomberait également particulièrement mal en Tchéquie alors que les électeurs s’apprêtent à renouveler leurs députés les 3 et 4 octobre prochains.