« Ooh la-la à Kampa » : sous le pont Charles, le marché français bat son plein
Comme chaque année depuis 2007, le marché français est de retour à Prague. Depuis jeudi et jusqu’à dimanche, ce sont 23 exposants qui font découvrir les spécialités culinaires françaises aux Tchèques dans l’ambiance calme et agréable de l’île de Kampa. Au menu : vin, fromage, crêpes, pâtisseries… et musique !
Quand on arrive au marché français, ce qui frappe d’emblée, c’est l’atmosphère calme et charmante de l’île de Kampa, comme nous l’explique, avec le sourire, l’organisateur de l’événement, Thomas Bouton :
« Kampa c’est vraiment un endroit spécial parce que c’est une petite place fermée, avec peu de voitures et des arbres. Le fait d’être au pied du pont Charles crée une atmosphère vraiment adorable. Chaque année c’est un vrai plaisir de s’y retrouver, et ce, à un moment où les gens partent ou rentrent de vacances, ce qui promet généralement des belles rencontres tant en journée que dans la soirée. »
En cette deuxième journée de marché, Américains, Suisses, Anglais et évidemment Tchèques sont rassemblés au marché à Kampa. Le marché français est un lieu cosmopolite qui conquit aussi bien les touristes et étudiants de passage que les Pragois, qui pour certains sont de véritables habitués. C’est le cas, par exemple, d’Anya, qui fréquente le marché depuis sept ans et est venue y fêter son anniversaire un verre de vin à la main, au grand bonheur de Thomas Bouton, qui se réjouit du succès de cette nouvelle édition, après quelques complications rencontrées par le passé :
« Ces dernières années, le marché a eu beaucoup de succès et s’est progressivement agrandi. Or, nous avions beaucoup de gens assis par terre. La place était bondée et nous avons eu des problèmes avec le voisinage qui est parvenu à faire en sorte que le marché soit déplacé en 2023 à Troja. Aller à Troja était une expérience intéressante. Nous avions enfin plus d’espace et un cadre magnifique. En revanche, nous étions très excentrés. L’expérience était sympa, beaucoup de gens sont venus, mais l’accès restait néanmoins difficile… Cela aurait pu être à creuser mais, en fin de compte, diverses choses nous ont fait comprendre que nous pourrions revenir à Kampa. »
« Les Tchèques aiment d’ailleurs beaucoup ce lieu. Pour eux la place de Kampa a une résonance particulière. Je reçois même des SMS et des e-mails de gens qui me demandent si le marché aura bien lieu. Certains viennent de province et réservent une chambre d’hôtel et leur week-end uniquement pour assister à l’événement. »
Cette réussite, l’organisateur de l’événement la doit tant à l’offre culinaire qu’à la programmation musicale. Chaque jour, en effet, à partir de 16 heures, divers artistes se produisent. Thomas Bouton poursuit :
« Les artistes sont surtout tchèques. Cette année encore, l’autorisation est arrivée un peu tardivement, je n’ai donc pas voulu prendre le risque de faire venir des artistes sans avoir la certitude qu’ils pourraient se produire. Il y a donc des artistes tchèques, comme Zdenka, qui chantent en français. Nous avons aussi la chance d’avoir un jeune étudiant français en Erasmus qui a une très belle voix qui sera sur le podium samedi. »
Cet étudiant, c’est Sawl. Finaliste de la neuvième saison du concours de chant « Tremplin des voix », le jeune Français se produira au marché samedi, de 17h à 19h30. Il nous donne plus de détails :
« Ce que je vais chanter, ce sont surtout des reprises car je suis toujours à la recherche de guitaristes et de bassistes. Or, il est dur d’apprendre une musique en peu de temps. Je reprends surtout du soul, du blues, de la pop rock, un peu de tout... En somme, des airs assez ‘mainstream’ pour que les gens puissent reconnaître les chansons. Ce seront, par exemple, du Ed Sheeran, Amy Winehouse, Just the Two of Us, Jason Mraz ou encore Bob Marley. »
Au marché, il y en aura donc pour tous les goûts. Thomas Bouton a, quant à lui, plusieurs chouchous :
« Nous faisons passer des groupes que nous aimons bien. Il y a, par exemple, un groupe qui s’appelle 'Chleb a salam' pour ceux qui aiment bien les ambiances un peu blues rock mais très bon enfant. Nous avons aussi une très bonne chanteuse de jazz dimanche qui vaut le détour. »
Si vous n’étiez pas déjà convaincu par Chleb a salam (Pain et salami) et leurs ambiances blues rock, Thomas Bouton en rajoute une couche :
« Moi j’adore le groupe du samedi après-midi. Nous sommes dans une ambiance un peu rock. Les mecs sont excellents, ils ont un feeling extraordinaire. J’adore ce qu’ils font et je ne suis pas le seul. En général, ils remplissent le podium. Les Tchèques qui viennent l’aiment aussi énormément. Il y a une vraie communion entre le groupe et le public. J’aime tous les groupes, mais celui-ci est, je le reconnais, mon préféré. »
Côté nourriture il y a là aussi un large choix. En ce vendredi matin, nous sommes allés à la rencontre de Dominique Collin qui tient le stand Vínodôme depuis 15 ans au marché :
« Depuis plusieurs années maintenant, nous tenons au marché un bar à huîtres, avec des produits de La Famille Boutrais. Pour accompagner les huîtres, nous proposons une sélection de crémants, de chablis et de pétillants naturels.”
Présent depuis 15 ans au marché, Dominique Collin est ce que l’on appelle un habitué.
« On reconnaît des têtes. Moi, j’ai des clients qui viennent tous les ans depuis Francfort pour le marché. Il y a également plein de Tchèques, de Prague mais aussi de Moravie… »
Enfin, comme chaque année, le marché se renouvelle. De nouveaux exposants sont de la partie. Thomas Bouton nous en dit plus :
« La première nouveauté qui me vient à l’esprit, c’est le stand de José qui propose du bœuf et du veau de qualité avec un assortiment moutarde-pomme-riz. La viande est extraordinairement bonne. C’est une super qualité, avec le plaisir de diverses moutardes, au cognac et au grain… Ensuite, il y a la ‘Pekárna Nostress’ qui nous propose un stand avec des pâtés de Pantin, pas des pâtés en croûte mais presque, qui sont fourrés, vraiment délicieux. Ils sont faits tous les jours. »
« Chaque exposant a une nouveauté. Par exemple, sur le stand des saucissons, nous avons un saucisson de bison, cette année, qui est fait en France. C’est très goûtu. Ils ont une autre gamme avec de la viande de canard qui est également excellente. »
« L’autre nouveauté, c’est le verre. Cette année la mairie nous impose de ne plus utiliser du tout de plastique, ce que nous comprenons très bien. L’année dernière, nous avions fait un système de verres consignés qui n’avait pas fonctionné. Donc cette année nous avons décidé de faire produire un joli verre avec notre partenaire Crystalex que les gens doivent acheter pour consommer sur place et qui est de très bonne qualité. »