Finances : la rentrée scolaire, période de l’année délicate pour les familles à faibles revenus
Dans une semaine, plus d’un million de petits et jeunes Tchèques reprendront le chemin de l’école. Malgré la relative stabilité des prix des fournitures scolaires, il s’agit là d’une perspective qui inquiète un nombre croissant de familles en Tchéquie.
Alors que la dernière semaine des deux mois de vacances scolaires a commencé ce lundi, et que plus de 150 000 enseignants ont par la même occasion repris le chemin du travail, dans de nombreuses familles en Tchéquie, les esprits sont d’ores et déjà tournés vers la grande rentrée du 1er septembre. Et avec celle-ci, pour beaucoup aussi, notamment pour les parents des enfants qui s’apprêtent à entrer en classe de première (l’équivalent de la classe préparatoire) à l’école élémentaire et à entamer le cycle de apprentissages fondamentaux, la nécessité d’acheter les indispensables fournitures scolaires.
Une nécessité qui peut être un agréable moment à passer en famille, mais qui, pour un certain nombre non négligeable de parents, comme notamment les mères célibataires de plus en plus touchées par la pauvreté, représente aussi une importante charge financière parfois difficile à supporter.
Pour cette rentrée 2025, une grande majorité de Tchèques prévoient de dépenser à peu près autant que lors de la rentrée précédente il y a un an. Selon un sondage mené auprès d’un peu plus de 1 000 personnes dans le courant du mois d’août par NMS, une agence spécialisée dans les études de marché, dont les résultats ont été communiqués en fin de semaine dernière, 63 % des parents se contentent d’un budget de quelque 2 000 couronnes (environ 80 euros), les autres prévoyant de dépenser d’avantage, le plus souvent alors autour de 3 000 couronnes (120 euros). Pour cette dernière catégorie, il s’agit alors majoritairement des parents des enfants qui s’apprêtent à intégrer l’école élémentaire et auront désormais besoin d’un nouveau cartable ou trousse.
Dans le cadre de la même enquête, les personnes interrogées ont également été invitées à s’exprimer sur les dépenses engagées pendant l’année scolaire. Plus d’un tiers des parents ont répondu que les frais liés précisément à la scolarisation de leurs enfants représentaient pour eux le plus grand défi tout au long de l’année. Alors qu’à l’échelle de toute la Tchéquie, l’achat de fournitures au moment de la fin des vacances estivales et de la rentrée coûte en moyenne 2 445 couronnes aux parents (soit près de 100 euros), d’autres frais réguliers s’ajoutent ensuite à ces dépenses initiales, comme pour l’habillement, les repas à la cantine, les transports, les sorties et excursions organisées par les écoles ou encore les diverses activités extra-scolaires alors qu’en Tchéquie l’enseignement s’arrête généralement en début d’après-midi.
Sur ce dernier point, environ deux cinquièmes des parents ont déclaré que leurs dépenses mensuelles globales s’élevaient à un peu moins de 2 000 couronnes (80 euros), tandis qu’un quart des familles dépensent entre 2 000 et 3 000 couronnes (80 et 120 euros) et 13 % plus de 3 000 couronnes (120 euros).
Parmi les personnes interrogées, cette charge financière constitue le principal défi auquel il convient de faire face durant l’année scolaire majoritairement pour les femmes. Un peu plus de 40 % d’entre elles ont répondu par l’affirmative à cette question, tandis que cette part descend à 25 % chez les hommes. Une différence qui s’explique à la fois par les inégalités salariales entres les deux sexes et par le fait que ce sont très majoritairement les femmes qui vivent en situation de monoparentalité et sont ainsi davantage confrontées à la précarité.
Plus généralement, la rentrée constitue une période particulièrement difficile pour les familles à faibles revenus. Selon une enquête menée cette fois par l’Association des familles monoparentales, quatre parents sur dix en Tchéquie ne possèdent aucune épargne, tandis que les autres ne disposent de ressources financières que pour acheter la moitié des fournitures nécessaires.
Autant de données auxquelles le ministère du Travail et des Affaires sociales a réagi en rappelant que les familles dans le besoin peuvent bénéficier d’une allocation d’aide d’urgence précisément pour l’achat de ces fournitures et couvrir les autres diverses dépenses, et que les enfants issus de familles à faibles revenus continueront à bénéficier de la gratuité des repas à la cantine pendant toute l’année scolaire.