En Tchéquie, une Chambre des députés où les femmes restent largement minoritaires

La Chambre des députés

Avec 51 élues parmi les 200 sièges que compte la Chambre basse du Parlement, un quart (25,5 % très exactement) des députés tchèques auront été des femmes lors de la législature qui arrivera prochainement à son terme. Jamais dans l’histoire du pays, leur participation à la vie d’une assemblée qui constitue le cœur du système politique tchèque, n’avait été aussi importante.

Mais alors que se tiendront de nouvelles élections législatives ces vendredi et samedi, ces chiffres rappellent aussi qu’en termes de parité, la Tchéquie est encore loin du compte en comparaison avec la plupart des pays européens.

Collage: René Volfík,  Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

Parmi les pays voisins de la Tchéquie, l’Allemagne et l’Autriche, sans grande surprise, mais aussi la Pologne possèdent un Parlement composé pour plus de 30 % par des femmes. La Tchéquie possède, donc, encore un certain retard et rien ne laisse à penser, à quelques jours de l’ouverture des bureaux de vote, que ces nouvelles élections législatives contribueront à une meilleure répartition des sièges et, donc, à une plus grande parité entre hommes et femmes députés.

Sur les listes de candidats présentés par les vingt-six partis et mouvements politiques en lice dans les quatorze régions du pays pour ce scrutin, figurent ainsi 3 069 hommes et 1 400 femmes. Autrement dit, les femmes ne représentent que 31 % du nombre total de candidats, et relativement peu nombreuses sont celles figurant aux premières places de ces listes. Un constat d’autant plus vrai dans certaines régions de province.

Markéta Pekarová Adamová | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

Par ailleurs, si la présidente de l’actuelle Chambre des députés est une femme, Markéta Pekarová Adamová, membre du parti conservateur TOP 09, jamais encore la Tchéquie n’a eu de femme présidente de la République, pas plus que de cheffe du gouvernement. De même, parmi les dix-sept ministres que compte la coalition gouvernementale tripartite de centre-droit dirigée depuis 2021 par le conservateur Petr Fiala (ODS), ne figurent que deux femmes : Jana Černochová (ODS) à la défense et Eva Decroix (ODS) à la justice.

Jana Černochová | Photo: Barbora Němcová,  Radio Prague Int.

Parmi les femmes qui siègent depuis quatre ans à la Chambre des députés, plusieurs ont décidé, pour diverses raisons, de ne pas briguer de nouveau mandat. Leader du parti de centre-droit TOP 09 depuis 2019, Markéta Pekarová Adamová est - hommes et femmes confondus - une des figures les plus en vue sur la scène politique tchèque de ces dernières années.

Eva Decroix | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

Si cette dernière a avancé des raisons de santé pour justifier sa décision de ne plus se présenter, d’autres députées ont, elles, mis en avant la difficulté de conjuguer carrière professionnelle, rôle de mère et vie de famille, en raison notamment des nombreuses obstructions à la Chambre des députés et de débats qui s’y éternisent parfois jusque tard dans la nuit. Mais aussi, comme autres raisons, leur exaspération face à la multiplication des messages haineux et misogynes, notamment sur les réseaux sociaux, ou encore, plus généralement, le manque de soutien aux femmes dans la vie politique tchèque. Tant pis pour leurs collègues masculins...

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