Après sa libération, le Tchèque Jan Darmovzal décrit la réalité carcérale « extrême » au Venezuela
Moins d’un mois après son retour du Venezuela, où il a passé près de 500 jours en détention, le Tchèque Jan Darmovzal essaye de reprendre une vie normale chez lui en Tchéquie, mais les séquelles de son emprisonnement continuent de peser sur lui.
Le 18 janvier dernier, un avion de l’armée tchèque a atterri à Prague avec à son bord Jan Darmovzal et plusieurs autres anciens détenus étrangers libérés par le régime vénézuélien. Son retour a été salué comme un moment de soulagement et d’émotion pour sa famille et comme la conclusion d’un long combat diplomatique engagé par Prague et ses partenaires européens.
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Arrêté en septembre 2024 lors d’un séjour touristique au Venezuela, Jan Darmovzal a passé environ un an et quatre mois dans une prison de haute sécurité. Là, il a vécu ce qu’il décrit comme une expérience extrême, marquée par des conditions matérielles et psychologiques profondément dégradantes. Dans une déclaration rendue publique cette semaine, il a expliqué que son « état de santé rend encore difficiles [ses] activités quotidiennes, même si une amélioration progressive est visible ».
Cet aveu sur son état de santé donne un aperçu des conditions de détention du Tchèque de 35 ans, par ailleurs réserviste de l’armée. Dans son témoignage écrit, il évoque son quotidien derrière les barreaux : « Des jours qui se déroulaient dans un stress constant et dans l’incertitude de ce qui pourrait arriver ensuite. L’isolement complet, l’absence d’accès à l’information et aucune visite consulaire étaient supposés nous couper totalement du monde », décrit-il.
Les conditions physiques étaient tout aussi éprouvantes. Il raconte comment il a vécu « pratiquement toute la période dans une cellule de 3,6 × 1,9 m que je partageais avec un autre détenu », et comment l’absence de soins médicaux s’ajoutait au froid permanent et à une hygiène quasi inexistante, qui ont causé de « très graves complications de santé pour presque tous les prisonniers ».
Un récit qui correspond à celui qu’en avait fait fin 2025 un Français emprisonné dans le même centre, et libéré avant lui en décembre, décrivant une réalité carcérale d’une extrême dureté : « Il a passé les trois premières semaines enfermé dans des conditions terribles. Menotté, seul dans une cellule sans matelas, avec la lumière allumée en permanence, sans couverture. Il faisait un froid glacial à cause de la climatisation » avait alors confié Camilo Castro.
Mais ce n’était manifestement rien à côté de l’atmosphère oppressante et d’incertitude constante, comme l’évoque encore Jan Darmovzal qui décrit des « punitions psychologiques et physiques constantes » qui ont conduit plusieurs détenus à tenter de se suicider, ce qui a ensuite entraîné « d’autres mesures répressives et encore plus de détérioration des conditions, déjà plus qu’inhumaines ».
Malgré ces violences psychologiques et physiques, Jan Darmovzal a souligné l’importance des soutiens extérieurs qui ont contribué à sa libération. Il a remercié sa famille, ses amis et les experts qui ont travaillé sans relâche pour obtenir sa libération, ainsi que la diplomate représentant l’Union européenne à Caracas dont la toute première visite en personne dans la prison lui a apporté un soutien moral précieux dans les moments les plus durs. Il a également appelé au respect de sa vie privée pour permettre à sa vie de retrouver une forme de stabilité et de normalité après cette épreuve, n’oubliant pas pour autant que d’autres prisonniers politiques sont toujours détenus au Venezuela.
Les autorités vénézuéliennes avaient arrêté Jan Darmovzal en septembre 2024 en affirmant qu’il s’apprêtait à participer à un plan visant à assassiner le président Nicolás Maduro et à renverser le gouvernement en place. La diplomatie tchèque a toujours rejeté ces accusations comme étant dépourvues de fondement réel. Sous des prétextes similaires, les autorités vénézuéliennes ont également arrêté d’autres ressortissants étrangers. Beaucoup de ces personnes incarcérées de manière injustifiées ont vu leur cas révisé après l’intervention américaine au Venezuela, et l’enlèvement du président Maduro, début janvier.
