Presse : ce qui fait de la Tchéquie un endroit où il fait bon vivre

Cette nouvelle revue de presse examine certaines leçons à tirer des quatre années de guerre en Ukraine. Elle se penche également sur les coupes budgétaires qui risquent de toucher les organisations tchèques à but non lucratif avant de s’intéresser à la construction de logements prévue par la stratégie économique du gouvernement Babiš. Un mot, enfin, sur une particularité qui fait de la Tchéquie un endroit où il fait bon vivre.

Quelles sont les leçons à tirer, pour l’Europe et pour la Tchéquie, de l’invasion russe de l’Ukraine, dont le début remonte désormais à quatre ans ? Une question soulevée par le quotidien Hospodářské noviny :

Photo: Dušan Cvetanović,  Pixabay,  Pixabay License

« La première leçon, c’est peut-être la force surprenante de l’unité de l’Union européenne et de ses alliés. Ainsi, on voit se former ce que l’on pourrait appeler soit, à l’ancienne, une Europe à plusieurs vitesses, soit, plus récemment, une coalition des volontaires prête à un soutien à long terme à l’Ukraine, à une intégration politique et économique plus étroite ou à la création de son propre parapluie nucléaire. L’Europe devra encore apprendre à façonner et à utiliser cette force nouvellement découverte. Pour la Tchéquie, cela signifie que si elle ne participe pas au moins aux discussions de ces coalitions, elle se retrouvera exclue des futures garanties de sécurité accrues ou des possibilités de renforcer sa croissance économique. »

Un autre point que le journal retient est que personne n’est trop petit pour ne pas mériter de se battre pour sa liberté, même face à une puissance plusieurs fois supérieure. « La confiance en soi, que divers mouvements populistes affaiblissent et étouffent chez les Européens depuis la crise financière de 2008-2009, a également affaibli la capacité à percevoir les menaces réelles », écrit-il avant de mettre en relief la dernière leçon que les Ukrainiens ont donnée – et continuent de donner – à l’Europe, celle du courage :

« Les Européens ont perdu l’habitude de prendre des risques, dans la vie, dans les affaires, dans la lutte. Le calme tchèque se retrouve sous différentes formes partout en Europe. Les Européens ont besoin de raviver l’esprit des anciens navigateurs qui partaient vers l’inconnu, des inventeurs et des commerçants qui ont imaginé la première bourse ou les premières machines à vapeur et repoussé les limites du possible et du prévisible. C’est sans doute la leçon la plus importante des quatre dernières années pour l’Europe et la Tchéquie, tirée de l’Ukraine en guerre. »

Les coupes budgétaires pour les organisations à but non lucratif

« Au lieu de sauver des vies humaines, l’État a économisé de l’argent pour construire deux kilomètres d’autoroute. » Tel est le titre percutant d’un texte publié dans l’hebdomadaire Respekt, qui examine les coupes budgétaires envisagées par le gouvernement d’Andrej Babiš. Celui-ci prévoit de supprimer les aides financières destinées aux personnes à l’étranger et, en fin de compte, à celles vivant en Tchéquie :

Photo: Anaïs Chesnel,  Radio Prague Int.

« Le gouvernement réduit drastiquement le soutien aux services qui sont en grande partie assurés par des organisations à but non lucratif. Il ne s’agit pas d’une mesure cosmétique. La Tchéquie, pays relativement riche, cesserait pratiquement de s’engager dans les régions vers lesquelles son aide a été dirigée pendant des années. Cette mesure, aux yeux des représentants du secteur concerné, toucherait notamment la réputation internationale de la Tchéquie. De plus, l’administration publique, le secteur universitaire et les entreprises sont liés à cette aide. L’arrêt des fonds destinés à l’Ukraine, qui servaient par exemple à soigner les civils blessés, de concert avec d’autres mesures prises par le gouvernement, pourrait finalement conduire à une moindre volonté d’intégrer la Tchéquie dans les projets de reconstruction de l’Ukraine, une fois la guerre terminée. »

Respekt fait également part du soutien exprimé au travail des associations à but non lucratif par le commissaire européen tchèque Jozef Síkela, chargé, dans le cadre de son portefeuille, de l’aide au développement des pays hors de l’Union européenne. Il précise toutefois que rien n’est encore définitif : « Le budget a passé la première lecture et des transferts de fonds sont encore possibles. Le débat n’en est donc qu’à ses débuts », explique-t-il.

La construction de logements en point de mire de la stratégie économique du gouvernement Babiš

De l’avis de nombreux experts, la construction de logements est la mesure la plus pertinente proposée par la stratégie économique du gouvernement d’Andrej Babiš. Le site Seznam Zprávy précise à ce sujet :

Praga | Photo: Radio Prague Int.

« L’année dernière, 34 000 appartements ont été achevés. Le vice-Premier ministre du nouveau gouvernement, Karel Havlíček, tentera de relever la barre, apparemment jusqu’à 50 000. Cela pourrait réellement mettre fin à la crise, surtout si la construction se poursuit à ce rythme sur une longue période. L’Autriche, pays de taille comparable, a achevé la construction de 55 000 nouveaux logements l’année dernière, et pratiquement tout le monde peut s’y offrir un logement modeste. La solution pour faire avancer la question du logement consiste également à revenir à des recettes éprouvées. Ainsi, dès 2030, 10 000 logements municipaux seront construits selon le plan, d’autres étant financés par de grandes institutions publiques. De même, les coopératives de construction de logements seront rétablies. »

L’une des promesses politiques les moins coûteuses est celle d’appartements en nombre suffisant et à un prix abordable. Mais, comme le constate Seznam Zprávy, les promesses en matière de logement sont difficiles à tenir. « Si le vice-Premier ministre Havlíček promet dans sa stratégie économique quelque chose de presque irréalisable et s’il parvient à en concrétiser au moins une partie, il s’inscrira dans l’histoire », estime le site.

Une particularité qui fait de la Tchéquie un endroit où il fait bon vivre

Une des particularités propres à la Tchéquie en fait l’un des meilleurs endroits où vivre. C’est du moins ce qu’estime le chroniqueur du journal en ligne Lidovky.cz. Il explique pourquoi :

« La Tchéquie se voit coller diverses étiquettes. Parfois cruelles, parfois enthousiastes ou propagandistes. Les Tchèques, quant à eux, sont généralement très sceptiques face aux descriptions optimistes de leur patrie. Accablés par quarante années de totalitarisme, puis par une décennie post-révolutionnaire tumultueuse, ils ont tendance à considérer leur pays comme corrompu, doté de mauvaises routes, d’un système de santé problématique et d’un million d’autres défauts. En réalité, la vie en Tchéquie est à bien des égards merveilleuse, même selon les normes européennes, quel que soit le gouvernement en place. Nous sommes un pays où l’espérance de vie a considérablement augmenté, un pays où même les plus pauvres bénéficient souvent de soins de santé de pointe, un pays où les transports publics fonctionnent extrêmement bien, un pays où les riches côtoient les plus modestes à l’école, et, entre autres, un pays extrêmement sûr. »

Mais il y a lieu, comme le souligne le chroniqueur, de mettre en relief une autre particularité dont les Tchèques devraient être fiers et qu’ils devraient préserver :

Photo: Barbora Němcová,  Radio Prague Int.

« La Tchéquie dispose d’un réseau extrêmement dense et de grande qualité de sentiers et de chemins de randonnée. Contrairement à de nombreux pays, on peut s’y promener librement et presque sans restriction, même dans les forêts privées. Certes, ces sentiers ne traversent pas des paysages aussi spectaculaires que ceux des Alpes, des Rocheuses américaines ou du nord de la Scandinavie, mais les montagnes frontalières offrent plus de mille kilomètres de parcours aux caractéristiques très variées, et le réseau total de sentiers balisés dépasse 44 000 kilomètres, soit davantage que la circonférence de la Terre à l’équateur. Les pistes cyclables atteignent à peu près la même longueur, soit au total plus de 80 000 kilomètres parfaitement balisés. Pour les pèlerins, les touristes, les scouts, les campeurs, les voyageurs, les amoureux de la nature et les familles en excursion, la Tchéquie est le meilleur pays au monde. »

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