Michal Uhl (DZS) : « Les Tchèques veulent partir à l’étranger… mais toujours revenir »
À l’occasion de la remise des prix de l’Agence tchèque pour la coopération internationale en matière d’éducation (Dům zahraniční spolupráce ou DZS), qui s’est tenue mercredi soir à Prague, plusieurs institutions et ONG ont été distinguées pour leur contribution au développement de la coopération éducative internationale en Tchéquie. Devant plusieurs centaines d’invités, six projets ont été récompensés dans différentes catégories liées aux priorités européennes. À la tête de cette institution clé pour les programmes comme Erasmus+, son directeur Michal Uhl revient sur les projets marquants et sur l’appétence des Tchèques pour les expériences à l’étranger.
Extraits de cet entretien disponible en audio :
« Les prix de la DZS récompensent des projets et des personnalités qui contribuent au développement de l'éducation internationale en Tchéquie et mettent en valeur des initiatives inspirantes et encouragent d'autres écoles et organisations, des ONG aussi, à s'ouvrir à la coopération internationale. Hier, c'était un événement où il y avait 300 à 400 personnes et on a célébré les catégories, les priorités européennes aussi. On a choisi six projets importants, six projets dans les catégories du cadre de l'Union européenne et de catégories individuelles. »
Alors, si vous deviez en choisir un ou deux, voire trois de ces projets marquants qui ont remporté des prix, ce seraient lesquels ?
« Il y a deux universités. On a eu l’Université de technologie de Brno (VUT). On a eu l’Université de technologie de Prague (ČVUT). Mais aussi, par exemple, l’ONG qui a reçu le prix dans la catégorie inclusion et diversité, d’une initiative qui s’appelle Generace lepší budoucnosti. C’était un projet solidaire dans le programme Corps européen de solidarité. Ils ont travaillé avec des enfants de la communauté rom, avec des discussions inspirantes dans le cadre de la formation professionnelle. C’est-à-dire que les enfants des écoles ont discuté avec des Roms adultes ou plus âgés, qui leur expliquaient que les choix sont importants dans le parcours scolaire, pour avoir une éducation de qualité. »
En ce qui concerne les universités dont vous parliez, ce sont des programmes d’échange ou de coopération internationale qui sortent de l’ordinaire qui ont été récompensés ?
« Souvent, ce sont des projets de coopération, parce qu’Erasmus se divise en deux catégories. En effet, on a Erasmus dans tous les secteurs, c’est-à-dire les écoles maternelles, les écoles primaires, les lycées, les universités. Mais on a les échanges et on a des projets de coopération. Par exemple, la ČVUT a réalisé un projet dans le cadre de l’éducation scolaire, avec des modèles 3D qui étaient liés à l’environnement. Sur des thèmes liés à l’adaptation dans le contexte des changements climatiques. C’était le prix dans la catégorie écologie. »
Des chiffres récents concernant les candidatures pour des emplois dans les institutions européennes ont été publiés, avec un nombre de canditatures venant de Tchéquie relativement (très) faible. Est-ce le cas dans toutes les catégories, notamment chez les étudiants ? Et comment évolue la situation ces dernières années de votre point de vue, à la DZS ?
« Oui et non. C’est-à-dire que les Tchèques aiment bien aller à l’étranger pour un semestre, pour une mobilité. Ça, c’est quelque chose de très courant. Et le nombre d’écoles, le nombre d’étudiants qui veulent participer à Erasmus est énorme. On a une demande trois fois plus grande que le budget national que la Tchéquie a pour ces mobilités. Mais on voit que les Tchèques ne veulent pas émigrer dans un autre pays. C’est-à-dire que le nombre d’étudiants tchèques qui étudient à l’étranger, non pas pour un échange mais pour un programme complet, donc pour toute leur formation, est très faible. Les Tchèques aiment partir en échange, mais ils veulent revenir en Tchéquie, parce que la qualité de vie est bonne ici et que le lien avec le pays est fort. »