ONU : le chef de la diplomatie tchèque évoque avec son homologue chinois l'espionnage et Taïwan

Le ministre tchèque des Affaires étrangères, Petr Macinka, a évoqué à New York avec son homologue chinois, Wang Yi, le cas d’un ressortissant chinois soupçonné d’espionnage en Tchéquie, ainsi que les déplacements de responsables politiques tchèques à Taïwan. Selon lui, le gouvernement tchèque souhaite entretenir des relations « normales » avec la Chine.

Le ressortissant chinois a été arrêté en janvier en Tchéquie et inculpé pour activité illégale au profit d’une puissance étrangère. Il s’agit de la première personne poursuivie sur la base d’un article relativement récent du code pénal tchèque. Depuis son arrestation, il est placé en détention provisoire.

« Je lui ai dit que cette personne attendait son procès. Nous avons une justice indépendante qui évaluera l’acte d’accusation présenté par le procureur, fixera une date d’audience et rendra sa décision. C’est ainsi que fonctionne le système judiciaire en République tchèque », a déclaré P. Macinka. « Je l’ai simplement assuré que les conditions de détention étaient standards, normales, qu’il ne souffrait de rien et qu’il attendait la décision du tribunal », a-t-il ajouté.

Selon P. Macinka, le ministre chinois a également indiqué qu’il désapprouvait les voyages de certains responsables politiques tchèques à Taïwan. Le président du Sénat tchèque, Miloš Vystrčil, doit s’y rendre dimanche. Son déplacement a suscité une controverse après le refus du gouvernement de lui fournir un avion officiel. M. Vystrčil voyagera sur une ligne commerciale, accompagné d’une trentaine d’entrepreneurs et de représentants des universités et du secteur culturel.

« Ces voyages relèvent de la responsabilité des politiciens qui s’y rendent », a déclaré P. Macinka à propos de Taïwan. Selon lui, le gouvernement tchèque n’entretient aucun contact officiel avec les autorités taïwanaises. « Et cela restera ainsi : la politique d’une seule Chine constitue depuis longtemps la position de la République tchèque, quel que soit le gouvernement en place », a-t-il souligné.

« La Chine souhaite évidemment que nos relations soient normales. Elles ne l’ont pas été pendant un certain temps en raison de l’attitude du précédent gouvernement tchèque envers Pékin, mais il est clair que la Chine veut aujourd’hui normaliser ces relations », a également affirmé le chef de la diplomatie. Selon lui, son invitation à participer à une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, actuellement présidé par la Chine, en est la preuve.