Audiovisuel public : le président Pavel souligne les potentielles conséquences de la réforme prévue

Selon le président Petr Pavel, le rythme auquel sont proposées les modifications du financement des médias de service public laisse très peu de temps pour un débat approfondi entre experts et pour une évaluation sérieuse de leurs conséquences. Il l’a déclaré jeudi devant les délégués de l’Assemblée générale de l’Union européenne de radio-télévision (UER/EBU).

Selon lui, ces changements pourraient affecter les budgets des médias d’une manière qui compromettrait leur stabilité financière, perturberait leur planification à long terme et mettrait en danger des valeurs construites au fil des décennies.

« Les responsables politiques réduisent souvent les médias de service public à leur seule couverture de l’actualité politique. Et c’est précisément cette couverture qu’ils souhaiteraient parfois influencer, réglementer, voire contrôler et limiter », a déclaré Petr Pavel.

Outre leur indépendance politique, que peuvent également garantir les médias privés, les médias de service public bénéficient selon lui d’une indépendance économique : ils sont ainsi protégés de la pression des annonceurs et, surtout, de l’influence de propriétaires de médias.

« Je suis pleinement conscient que les pressions exercées sur l’indépendance des médias de service public ne constituent pas un phénomène local, mais une tendance qui touche l’ensemble de l’Europe », a encore souligné Petr Pavel.

L’Assemblée générale de l’Union européenne de radio-télévision se tient à Prague pour la première fois depuis onze ans. Organisée par la Télévision tchèque et la Radio tchèque, cette rencontre de deux jours réunit environ 200 délégués. Outre les décisions officielles à son ordre du jour, les discussions portent sur le rôle des médias de service public dans un monde en mutation rapide, sur les évolutions technologiques, la confiance dans les médias ainsi que les transformations des habitudes des téléspectateurs et des auditeurs.