Le gouvernement vient d'adopter son projet de budget de l'Etat pour l'année 2004. Quelle est donc la perspective de l'économie tchèque pour l'année à venir ?
L'année 2004 est une année importante pour la République tchèque. C'est l'année où, le 1er mai, la République tchèque devrait faire son entrée officielle dans l'Union européenne. Cette année importante sera, selon les projets du cabinet du Premier ministre, Vladimir Spidla, sous le signe des restrictions. Le projet de budget présenté est moins déficitaire que celui de cette année : 115 milliards de couronnes en 2004, contre 130 milliards en 2003. Il s'agit d'une première étape des restrictions planifiées dans le cadre de la réforme des finances publiques. Par cette diminution du déficit budgétaire, le gouvernement tente de s'attirer la confiance des députés pour l'année suivante. Qu'est-ce que ce premier budget, élaboré sous le signe de la réforme, promet aux citoyens tchèques ? Une hausse minimum des retraites et des salaires, des économies dans le domaine de la sécurité sociale et une augmentation de l'impôt à la consommation. Les demandes d'augmentation de leurs parts du budget, formulées par le ministère de l'Education, de la Jeunesse et des Sports, et le ministère du Travail et des Affaires sociales, n'ont pas été entendues. Par contre, 100 millions de couronnes de plus seront allouées au développement de la science et la recherche. Le gouvernement fait donc des efforts pour abaisser le déficit des finances publiques, pour se rapprocher des critères de l'Union européenne. Les économistes et l'opposition de droite, à la Chambre, affirment que cela n'est pas suffisant. La baisse du déficit devrait être plus importante et la réforme des finances publiques plus courageuse. C'est ce que planifie le gouvernement pour les années à venir.
La partie s'avère difficile, lors du vote du projet de budget à la Chambre des députés, la semaine prochaine, où le gouvernement de coalition ne possède que de la majorité d'une seule voix. En présentant son projet de budget, le cabinet de Vladimir Spidla mettra son avenir en jeu. Le Parti civique démocrate, principale formation de l'opposition de droite, ne cache pas ses plans de renverser le gouvernement. Selon les observateurs, il n'a pas de grandes chances d'y parvenir, faute de trouver un allié. En effet, à la veille de l'entrée du pays dans l'Union européenne, la majorité des politiciens ne voient pas d'un bon oeil une éventuelle crise gouvernementale ou même des élections anticipées. Les experts en économie donnent 70 % de chances au gouvernement et son projet de budget de l'Etat.