La guerre en Irak : opinions tchèques
La guerre en Irak, comme tout événement international, suscite les réactions les plus diverses en République tchèque. En voici quelques unes.
La presse tchèque commente largement l'opération Liberté de l'Irak. Parmi d'autres commentaires, il convient de s'intéresser à l'article du président de la République, Vaclav Klaus, publié par le quotidien national, Mlada fronta Dnes. Dans celui-ci, le chef de l'Etat met en doute la justesse de la méthode choisie par la coalition pour désarmer l'Irak. Vaclav Klaus insiste sur le fait que le régime irakien est une dictature, ce qui est inacceptable est même dangereux pour la civilisation euro-atlantique contemporaine. Pourtant, il lui semble inimaginable qu'on pourrait, comme l'affirment les partisans de l'offensive contre l'Irak, imposer la démocratie par la force militaire. L'idée que les Etats-Unis mèneraient une guerre en Irak pour s'emparer de son pétrole, lui semble pourtant « naïve et amusante ». Selon lui, les Etats-Unis n'ont pas besoin du pétrole irakien, mais connaissent de nouvelles craintes, après les attentats du 11 septembre 2001.
Il faut prendre en compte, aussi, un certain caractère idéaliste de la politique américaine, tout comme la réalité : les Etats-Unis sont la seule grande puissance mondiale. Le Président Klaus se défend d'être anti-américain, bien au contraire. Il affirme être pro-américain, pour la société américaine, son style de vie, son pragmatisme optimiste.
Le chef de l'Etat se penche aussi sur l'avenir de l'Irak, après la guerre. Selon lui, il sera difficile d'y imposer le modèle des démocraties occidentales, car on peut soutenir la démocratie, l'inspirer, mais difficilement la dicter, encore moins par les armes. En plus de cela, Vaclav Klaus s'interroge sur l'avenir. Un tel modèle d'exportation de la démocratie deviendra-t-il une norme ? Quel pays sera le suivant ? Vivrons-nous encore dans un monde libre ? Concernant les armes de destruction massive, le Président tchèque est pour la création d'un mécanisme interdisant leur utilisation, même dans le cas des terroristes. C'est le devoir de la communauté internationale. Le quotidien Lidove noviny publie plusieurs commentaires sur la guerre en Irak. Le politologue Pavel Cernoch s'intéresse au rôle de la nouvelle Europe, donc après l'élargissement de l'Union européenne qui concerne la Tchéquie, face à la discussion américaine sur l'avenir de la politique internationale. Lidove noviny publie, aussi, un intéressant commentaire de Jiri X. Dolezal, de l'hebdomadaire Reflex. Celui-ci constate que dans la guerre actuelle en Irak, ce sont deux sociétés qui se rencontrent. Le sous-titre de l'article est significatif : Dans la guerre de la coalition avec l'Irak, la société post-moderne lutte contre le Moyen-Age. L'auteur argumente avec les années : le calendrier islamique est de sept cents ans en retard sur le calendrier chrétien. Un peu simpliste, mais pour beaucoup pas loin de la vérité. Dans le quotidien économique, Hospodarske noviny, Pavel Otto nous présente le commandant de l'unité de décontamination chimique de l'Armée tchèque, basée au Koweït. Le général Lupuljev serait un dur, mais apprécié par ses hommes.




