La guerre en Irak vue de Tchéquie
La guerre en Irak se poursuit. L'opération Liberté de l'Irak suscite des réactions diverses, dans le monde. Naturellement, la une de tous les journaux tchèques est consacrée à cet événement. En général, les articles relatent les faits, fournissent des informations sur l'offensive de la coalition et la résistance des forces irakiennes.
Pour Bohumil Dolezal, le commentateur du quotidien Mlada fronta Dnes, les choses sont claires. Il écrit : «L'Amérique n'attaque pas l'Irak, elle se défend contre le danger global, représenté par la combinaison d'une idéologie fanatique, d'une technique de combat bestiale et d'armes dangereuses facile à acheter».
En première page du quotidien Lidove noviny, le sociologue Vaclav Trojan prend aussi le parti des Etats-Unis et de leurs alliés. Pour lui, la guerre actuelle contre l'Irak est le fruit de l'indifférence générale face aux exactions du régime de Saddam Hussein : violation des droits de l'homme, soutien au terrorisme international, équipement en armes dangereuses pour le monde entier. Bien qu'il écrive que la guerre, en général, soit un mal, il affirme qu'il existe des situations où elle est la seule solution. Le quotidien Lidove noviny publie, aussi, un entretien avec le général américain Wesley Clark, qui avait commandé les forces alliées en Yougoslavie. Selon lui, la situation est différente, aujourd'hui, bien que ni l'intervention contre le régime de Milosevitch, ni la guerre contre Saddam Hussein, n'aient reçu l'aval de l'ONU. Dans le cas de l'opération Liberté de l'Irak, tous les alliés des Etats-Unis ne s'engagent pas, l'OTAN non plus. Le général américain pense que l'administration Bush n'a pas réussi à persuader le monde que Saddam Hussein représentait un grand danger pour lui. La guerre est une erreur et le général Clark affirme que ce qu'il craint le plus est l'emploi des armes chimiques contre les soldats américains et leurs alliés.
Le quotidien Pravo s'intéresse, entre autres, à la réaction des musulmans vivant en Tchéquie. Ils sont naturellement contre la guerre en Irak, mais d'un autre côté, ils ne savent pas tellement quoi penser de la position tchèque. En effet, les propos du ministre des Affaires étrangères ont semé l'incertitude, bien que le Premier ministre ait clairement expliqué que la République tchèque ne faisait pas partie de la coalition anti-irakienne. L'unité de décontamination chimique de l'Armée tchèque n'accomplit qu'une mission de protection, au Koweït, elle ne pourrait opérer en Irak, que dans le cas de l'emploi d'armes de destruction massive par Saddam.




