La Tchéquie dit « non » à la proposition de Nicolas Sarkozy
Les anciens membres de l'Union européenne ne voient pas d'un bon oeil le fait que de nombreuses sociétés déménagent pour s'installer dans les pays qui sont devenus membres le 1er mai dernier, après l'élargissement. Pourquoi installer son entreprise en Pologne, Slovaquie, en Estonie ? Parce que les sociétés y paient moins d'impôts.
En Pologne et en Slovaquie, le taux d'imposition est de 19 %, en Estonie, l'entreprise qui réinvestit ses bénéfices ne paie même pas du tout d'impôts. Le ministre français des Finances, Nicolas Sarkozy, vient de proposer que les fonds structurels européens soient fermés aux nouveaux membres qui pratiquent une faible imposition. Son argument est simple : comment ses pays peuvent affirmer qu'ils sont assez riches pour abaisser leur taux d'imposition, mais en même temps demander aux autres membres, les anciens surtout, de les subventionner par le biais des fonds structurels ? Le taux d'imposition est du ressort de chaque membre de l'Union et, comme la proposition de Nicolas Sarkozy devrait être adoptée à l'unanimité, il est peu probable qu'elle passe, ce vendredi, lors de la réunion des ministres des Finances, Ecofin. La Tchéquie n'est pas tellement visée, avec un impôt sur les sociétés de 28 %, mais le ministère des Finances refuse catégoriquement le projet de Sarkozy. Du côté des spécialistes en économie, on affirme que les sociétés de l'Europe de l'Ouest ne viennent pas en Europe centrale et de l'Est seulement en raison de la faible imposition. La principale raison est la main-d'oeuvre bon marché. En plus de cela, le projet de Sarkozy va à l'encontre du principe sacro-saint de l'Union européenne : la solidarité des pays les plus riches envers les pays les plus pauvres.




