Les cellules mères : un succès de la science tchèque ?

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On parle beaucoup de la science des cellules mères, ces derniers temps, pour supplanter les déficiences d'organes en matière de greffe. Pourquoi avoir choisi cette voie très peu explorée, et quelle est la situation en Tchéquie ?

En République tchèque, plus de 900 patients sont en attente d'une greffe, actuellement. La majorité, 756 patients, attendent une greffe du rein. Pour beaucoup, la fin de leur calvaire est des plus lointaines. En effet, il n'y a pas assez de donneurs d'organes. Ce problème touche la Tchéquie, mais aussi le monde entier. En Tchéquie, il était encore aggravé par la législation qui n'était pas très souple en matière de dons d'organes. Il a été encore plus aggravé par l'affaire d'Ostrava, une grande ville de Moravie du nord. Certains députés avaient accusé, sans aucune preuve, certains établissements médicaux locaux, de prélever des organes sur des malades encore en vie. Il faut dire que la loi sur la mort du cerveau n'était pas très claire. Après 10 années de lutte du corps médical, une nouvelle loi a été adoptée, qui facilite le prélèvement des organes et donc les greffes. Le prélèvement d'organes sur des personnes en bonne santé a aussi été rendu possible. Cette opération se limite aux reins, éventuellement au foi. La science ne dort pas et recherche toujours de nouvelles possiblités : l'une-d'elles pourrait être l'emploi des cellules mères. Ces cellules, qui n'en sont qu'à leur stade premier, ne sont pas encore spécialisées et se trouvent dans la moelle osseuse, pourraient, quand elles sont transplantées dans un autre organe, se transformer en cellules de cet organe. Certains pays, comme la Grande-Bretagne, sont très avancés dans ce domaine. Plus intéressante est, encore, la cellule mère de l'embryon. Elle devrait s'adapter beaucoup mieux à son nouvel environnement, éventuellement même contribuer à la guérison des cellules malades. Qu'est-ce que cela pourrait signifier pour les malades, après des crises cardiaques, des tumeurs du cerveau, du foi, d'autres organes ? Au lieu de greffer un nouveau foi, on implanterait dans le foi malade des cellules mères qui, en se développant, remplaceraient, peu à peu, l'organe malade. Plus besoin, donc, de greffe d'organe, les cellules suffiraient.

Les médecins tchèques ont fait un grand progrès dans ce domaine. Non seulement ils ont réussi à isoler des cellules mères d'embryon, mais au mois de juin, ils ont implanté des cellules mères de la moelle osseuse d'un patient atteint de graves défections cardiaques dans son propre coeur. Pour l'instant, le patient va très bien, est rentré chez lui et, dans six mois environ, les médecins sauront si les cellules se multiplient et remplacent les cellules du coeur malade, lui redonnant une fonction normale. Selon le professeur Michael Aschermann, de l'Hôpital général de faculté de Prague, cette opération pourrait sauver tous les malades atteints de graves crises cardiaques, quand le coeur est partiellement détruit. Comment donner cet espoir à tous ceux qui attendent une greffe du coeur, des poumons, du cerveau, du foi, du pancréas, etc ? Eva Sykova, directrice de l'Institut de la médecine expérimentale de l'Académie des sciences, est claire : en créant une banque de cellules, ce qui coûterait quelques millions d'euros. La vie ne serait-elle pas plus importante que l'argent ?