Les nouveaux avions de chasse de l'Armée tchèque

Gripen - Jas-39, photo: CTK

La commission d'experts nommée par le gouvernement tchèque vient de lui recommander l'achat des avions de chasse suédois, Gripen, plutôt que les F-16 américains. Une affaire de longue haleine.

Gripen - Jas-39,  photo: CTK
Il s'appelle Vladimir J., la police des Etats-Unis le recherche depuis deux ans dans une affaire de meurtre qu'il aurait commis en Floride. Tout ce temps-là, cependant, il est en Tchéquie où il réside dans une luxueuse villa à Ceské Budejovice, en Bohême du sud. C'est le quotidien Mlada fronta Dnes qui donne la nouvelle. L'année dernière, l'affaire était quasiment consommée : le gouvernement tchèque avait presque décidé d'acheter les Gripen, plus modernes et à des conditions plus avantageuses que les F-16 américains, offerts par la Belgique ou les Pays-Bas. La question de la modernisation des forces aériennes tchèques, le remplacement des MiG-21, devenus obsolètes, a été remise sur le tapis par les inondations catastrophiques d'août 2002. L'Etat ne disposait pas des milliards nécessaires à l'achat de nouveaux avions de chasse. Les députés tchèques ont refusé un investissement de près de 3 milliards d'euros.

Gripen - Jas-39,  photo: CTK
Le ministère de la Défense n'a pas abandonné son projet de modernisation de l'armée de l'air, une question très controversée. Une commission d'experts a été formée. Elle vient de donner sa recommandation : plutôt 14 appareils Gripen, du type le plus récent et neufs, que des F-16 américains d'occasion au même prix. En effet, les Suédois ont modifié leur offre très rapidement et en rajoutent : d'autres offres d'investissements suédois en Tchéquie, si cette dernière achète les Gripen. On serait tenté de dire, tout de suite : mais achetons les appareils neufs ! La décision n'est pas si simple qu'elle en a l'air, à première vue. En effet, les F-16 ont fait leurs preuves au combat, un peu dans toutes les régions du monde, alors que les Gripen non. En plus, ces appareils, dont on ne peut nier la modernité, ne sont employés que par la Suède, la Hongrie et l'Afrique du Sud. Il n'est pas certain que leur intégration dans les forces de l'OTAN, dont la Tchéquie est membre, serait facile. L'OTAN, c'est justement l'argument employé par les adversaires de l'achat de nouveaux avions de chasse pour l'Armée tchèque. Ils affirment : dans le cadre de l'OTAN, la Tchéquie n'a pas besoin d'armée de l'air. La tendance est à former des unités spéciales ou d'intervention rapide. La Tchéquie, en plus, est un petit pays, entouré de pays amis. Le gouvernement n'aura pas la tâche facile dans sa prise de décision.