Manifestation contre les Tchèques à Bassora

Soldats tchèques à Bassora, photo: CTK

Une manifestation de la population irakienne a eu lieu, mercredi, devant la base de l'unité de l'Armée tchèque qui opère à Bassora, dans le sud de l'Irak. Contre quoi les Irakiens protestaient-ils ?

Soldats tchèques à Bassora,  photo: CTK
A Bassora, deuxième ville d'Irak par son importance, opère le 7e hôpital de campagne de l'A rmée tchèque, dans le cadre de l'aide humanitaire à l'Irak. Un certain nombre de soldats assurent sa sécurité. Mercredi, une manifestation de protestation a eu lieu devant la base de l'Armée tchèque. Que demandaient les manifestants ? Des excuses officielles de la République tchèque dont les soldats en poste à Bassora auraient diffusé un tract avec des vers du Coran barrés d'inscriptions offensantes en anglais. Un autre tract, distribué sur le marché local, dans la matinée, avait appelé à la manifestation. Selon le commandant du 7e hôpital de campagne, Premysl Skacha, il ne peut être question d'excuses pour un acte que les soldats tchèques n'ont pas commis. A l'origine de l'affaire, encore, les accusations d'outrage à l'islam du religieux Saidi qui est très proche des Shites radicaux. Les milieux officiels de Bassora se sont distancés de cette affaire, en insistant sur le fait qu'ils reconnaissaient les grands mérites de l'hôpital de campagne, dans son aide apportée à la population civile, surtout. Certains observateurs laissent entendre que, derrière toute l'affaire, il y aurait l'hôpital civil irakien, voisin, pour qui les activités gratuites de l'hôpital militaire tchèque représentent un sérieux manque à gagner. Le commandant de l'hôpital militaire, Premysl Skacha, n'exclut pas cette hypothèse. Radio Prague l'a contacté à Bassora. Il a déclaré à propos de la manifestation de mercredi :

« La manifestation a commencé autour de seize heures, heure locale, à environ deux kilomètres de l'hôpital. Un peu plus tard, les manifestants sont arrivés devant l'hôpital. Il pouvait y avoir de 1500 à 2000 manifestants. Au début, certains ont lancé des pierres sur le bâtiment. Plus tard, la manifestation était un peu plus calme, et les revendications des participants ne concernaient plus seulement l'outrage à l'islam, mais le refus de la présence des forces militaires étrangères dans le pays ».

Le commandant indique qu'aucun membre du contingent tchèque n'a été blessé et qu'il n'y a pas eu de dégâts matériels. Le commandant a pris de rigoureuses mesures de sécurité, en collaboration avec le commandement britannique de la région, afin que la mission humanitaire tchèque à Bassora ne soit exposée à aucun danger.