Inondations : l'hygiène en question
Ne vous baignez pas, ne pêchez pas, n'arrosez pas votre jardin avec l'eau des cours d'eau contaminés par les récentes inondations... Une mise en garde du responsable de l'hygiène en République tchèque, Michael Vit.
Représentez-vous une ville de plus d'un million d'habitants intramuro qui est traversée par une rivière. Toutes les eaux usées s'y déversent quotidiennement. En temps normal, ces eaux sont traitées par des stations d'épuration. Arrive la mi-août, et toutes les stations d'épuration sont mises hors-service par des inondations catastrophiques. Toutes les eaux usées, tout ce que produit la ville en déchets liquides, est rejeté directement dans les eaux de la rivière... C'est la situation de la capitale de la République tchèque, trois semaines après les inondations qui l'ont touchée, comme une bonne partie de la Bohême...La Vltava, une rivière qui était redevenue propre, où les truites étaient revenues pour frayer, vient de devenir un cours d'eau brunâtre, charriant les déchets de toutes les villes se trouvant en amont ou en aval de la capitale, Prague. Pour l'instant, d'après les services de l'hygiène, la situation n'est pas dramatique. En effet, le volume des eaux est suffisant pour diluer les déchets, les eaux usées. De fortes pluies sont encore tombées, lors du week-end écoulés, sur le sud de la Bohême, arrosant copieusement le bassin de la Vltava et de ses affluents. Les autorités craignent, d'un côté, de nouvelles pluies qui pourraient causer des risques d'inondation, mais de l'autre, elles accueillent ces précipitations qui contribuent à maintenir un haut niveau des eaux, donc à remplacer, pour ainsi dire, les services des stations d'épuration hors d'usage pour quelques semaines encore. En général, qui dit manque d'hygiène dit aussi risques d'épidémie. Pour l'instant, les autorités n'ont décelé que trois cas de leptospirose, une dangereuse maladie bactérienne, dans les régions sinistrées par les inondations de la mi-août. Le directeur de l'hygiène pour la République tchèque, Michael Vit, indique encore que c'est une situation assez intéressante. En effet, bien que beaucoup de personnes, en temps normal, ne respectent pas souvent les règles élémentaires de l'hygiène, en cas de catastrophes, comme le sont les inondations, elles prennent conscience de la nécessité de s'y conformer. Ainsi donc, lors des dernières grandes inondations, en 1997, en Moravie, il n'y avait pas eu d'épidémie ou d'une hausse du nombre de cas de maladies liées aux inondations : jaunisse, plus exactement hépatite A ou B, tularémie ou leptospirose. Le ministère de la Santé publique a réagi rapidement : quatre jours après les inondations, un million et demi de tracts d'information avaient été distribués dans le pays, mettant en garde contre les épidémies et les maladies pouvant être contractées, lors des travaux dans les régions sinistrées. Les sauveteurs professionnels, pompiers, policiers et soldats ont été vaccinés contre l'hépatite A, dans les premiers jours des travaux d'assainissement. Les enfants de 3 à 5 ans, devraient être vaccinés dans les semaines à venir. Actuellement, il existe un autre gros problème : la vente de denrées alimentaires, conserves ou boissons provenant des régions sinistrées. Elle a été interdite par les autorités, mais certains commerçants passent outre... L'interdiction de vente frappe, d'ailleurs, tous les produits qui ont pu être contaminés, lors des inondations. La police et les service de l'inspection commerciale sont omniprésents sur les marchés, les contrôles sont fréquents dans les magasins. En cas d'infraction, les peines sont lourdes, car il s'agit de la santé de la population !




