La Guerre en Irak : Comment la Tchéquie et les Tchèques réagissent ?

Les mesures de sécurité - la centrale nucléaire de Dukovany, photo: CTK

La guerre contre l'Irak, qu'on attendait et qu'on craignait en même temps, est devenue une réalité, depuis la nuit de mercredi à jeudi. La Tchéquie n'est pas directement concernée, mais elle ne peut rester indifférente.

Les mesures de sécurité - la centrale nucléaire de Dukovany,  photo: CTK
A côté de la polémique qui s'est déclanchée autour d'une déclaration du ministre des Affaires étrangères, Cyril Svoboda, sur l'appartenance ou non de la République tchèque à la coalition anti-irakienne, polémique tranchée par le Premier ministre, Vladimir Spidla, et le chef de l'Etat, Vaclav Klaus, par un «non» répété, la Tchéquie et les Tchèques réagissent d'une manière plus concrète à la guerre en Irak. Tout d'abord, il y a le renforcement des mesures de sécurité. A noter, surtout, l'un des bâtiments les plus gardés : le siège de Radio Europe Libre, dans le centre de Prague. L'Armée a été appelée en renforts, les soldats montent la garde aux côtés des policiers, des véhicules militaires sillonnnent la capitale et les grandes villes. Toutes ces mesures sont prises en vue d'éventuelles attaques terroristes. Les autorités tchèques n'ont pas fermé la représentation diplomatique irakienne à Prague, comme le demande l'administration américaine. Elles ont, par contre, expulsé quatre diplomates irakiens. La Tchéquie dispose aussi d'unités spéciales pour les maladies infectieuses dans certains hôpitaux pragois ou régionaux, tout comme d'un nombre suffisant de vaccins contre la variole. L'espace aérien tchèque est utilisé par les forces armées de la coalition anti-irakienne, tout comme le territoire de la Tchéquie pour le transit par la route ou les voies ferrées. Les Tchèques sont-ils pour ou contre la guerre en Irak ? Le plus récent sondage indique que la majorité des citoyens sont contre, mais 80 % sont persuadés que le raïs Saddam Hussein est dangereux pour la communauté internationale. Si les Tchèques sont contre l'opération «Liberté de l'Irak» pourquoi ne manifestent-ils pas comme le font d'autres nations en Europe et dans le monde ? Petr Uhl, ex-dissident, explique :

C'est un peu historique. On ne fait pas d'habitude beaucoup de pétitions ou de meetings. Pourtant, les sondages sont clairs. Dans les pays post-communistes, il y a en général moins de manifestation que dans les pays occidentaux, bien que la population de ces pays soit contre la guerre.

Manifestation sur la place Venceslas,  photo: CTK
Il se faut de constater que des manifestations contre la guerre en Irak ont eu lieu à Prague, mais qu'elles n'étaient pas importantes. Quelque mille personnes de tous les bords se sont réunies, par exemple, jeudi et ce vendredi, sur la place Venceslas. Bien que la Tchéquie ne pense pas être un pays d'accueil de première ligne pour les éventuels réfugiés irakiens, certaines organisation humanitaires se préparent, déjà, à «l'après guerre». L'association l'Homme en détresse près la Télévision tchèque suit, attentivement, le développement de la situation en Irak et se prépare à une aide éventuelle aux réfugiés, après la première phase du conflit. L'association est prête à aider, directement sur le territoire irakien, dans la remise en service des hôpitaux, des écoles et autres institutions publiques. L'Homme en détresse possède de riches expériences, grâce à ses opérations, lors du conflit yougoslave, au Kosovo. Dans le cas de grandes vagues de réfugiés irakiens vers les pays voisins, cette association est prête à offrir une aide humanitaire. Naturellement, elle aura besoin d'un certain temps pour rassembler les moyens matériels et financiers nécessaires. Tout dépend du déroulement des événements, dans les jours à venir.