Le président de la République répond aux questions de Lidove noviny

Le président de la République, Vaclav Klaus, photo: CTK

A la veille du référendum d'adhésion de la Tchéquie à l'Union européenne, le président de la République, Vaclav Klaus, a accordé un large entretien à ce sujet au quotidien national, Lidove noviny. En voici les grandes lignes.

Le titre de l'entretien est, en lui-même, significatif : « Nous aurions dû profiter plus longtemps de notre indépendance, mais cela est impossible ». Le chef de l'Etat se défend, pourtant, d'être contre l'Union européenne. Il pense, seulement, que la République tchèque, indépendante depuis le 1er janvier 1993, aurait pu vivre cette indépendance plus longtemps, pour que les Tchèques se reconnaissent eux-mêmes, après une longue période de domination. Vaclav Klaus, connu pour ses réserves à l'égard de l'intégration européenne, reconnaît que l'Europe va de l'avant, sans égard à de petits Etats, tels que la Tchéquie. Pour lui, une étape de l'histoire de l'Etat tchèque se termine avec son adhésion à l'Union. Cela ne veut pas dire, pour autant, que c'est la fin de cette histoire. Le Président réfute, aussi, les affirmations concernant une certaine controverse avec le ministre des Affaires étrangères, Cyril Svoboda, à propos de la perte de la souveraineté de l'Etat tchèque. Il dit respecter l'opinion de tout un chacun, donc du ministre aussi, mais d'un autre côté, il faut présenter les deux faces de la pièce, les avantages et les désavantages, ce que Svoboda n'a pas fait, d'après Vaclav Klaus. Le Président se dit critique envers le gouvernement, qui n'a pas formulé un objectif concret, en ce qui concerne l'adhésion. Il lui reproche d'avoir simplifié cette question. D'un autre côté, il reconnaît que le champ de manoeuvre du gouvernement tchèque, qu'il soit social-démocrate ou non, est des plus étroits, à la différence du diktat de son partenaire plus puissant, l'Union européenne. Dans le quotidien Lidové noviny, le Président se prononce, aussi, sur le centralisme et la régulation, au sein de l'Europe unie. Pour lui, la démocratie ne peut être vraiment accomplie que par un Etat, qui formule et impose ses lois. Vaclav Klaus ne croit pas à la démocratie supranationale. Cela concerne aussi la Convention et les projets qu'elle présente, actuellement. Il lui semble que ces projets ne plaisent pas à tout le monde, non plus. Le chef de l'Etat pense que la « super-régulation » des activités économiques des pays membres de l'Union ne concerne pas l'économie vraiment, mais les êtres humains, la conduite humaine. Vaclav Klaus n'est pas contre l'euro, la monnaie unique. Pour que la République tchèque l'accepte, elle doit, tout d'abord, s'adapter aux structures du système économique européen. Il faut prendre en compte, aussi, que la Tchéquie, aujourd'hui déjà, fait partie de l'espace économique européen, surtout allemand. Parmi les dix pays candidats, elle possède le plus gros volume d'échanges commerciaux avec les pays de l'Union. Cela pourrait signifier que son accès à l'Euroland sera encore plus rapide et indispensable, que celui de pays candidats qui se déclarent prêts à adopter la monnaie européenne dans un bref délai. Le président de la République, Vaclav Klaus, dans son appel aux citoyens tchèques à participer au référendum d'adhésion à l'Union européenne, ne les a pas incités à voter pour, à la différence d'autres chefs d'Etats. Pourquoi ? D'après lui, il ne serait pas convenable de donner de telles recommandations aux citoyens. Il ira voter vendredi 13 juin, mais il a refusé de dévoiler son choix, en rappelant qu'un référendum est un vote secret.