Législatives : le parti social-démocrate se déchire sur son rapprochement avec les communistes
Estimant qu’il s’agit d’une trahison des valeurs du plus ancien parti politique du pays ou qu’une ligne rouge a été franchie, plusieurs membres de SOCDEM, anciennement parti social-démocrate, ont annoncé qu’ils quittaient le parti après l’annonce faite par sa direction de vouloir coopérer avec le mouvement « Stačilo! » (« Ça suffit »), dans lequel figure notamment le Parti communiste de Bohême et de Moravie (KSČM), dans le cadre de la campagne pour les élections législatives. Celles-ci se tiendront les 3 et 4 octobre prochains.
Mercredi, la présidente de SOCDEM, Jana Maláčová, a publié un communiqué de presse dans lequel elle appelle la gauche à se mobiliser et à « unir ses forces contre les projets fous du gouvernement ». Elle a qualifié le rapprochement avec « Stačilo! » de « choix rationnel » dans le contexte géopolitique international actuel et après que les pays membres de l’OTAN se sont engagés à consacrer 5 % de leur PIB à la défense.
Parmi les personnalités qui ont fait part de leur intention de quitter le parti suite à cet appel figure, par exemple, l’ancien ministre et député Jiří Dienstbier, fils d’un ancien dissident sous le régime communiste, qui a qualifié la volonté de collaborer avec « Stačilo! » comme une répétition de la trahison de 1948 qui a contribué à la prise du pouvoir par le Parti communiste dans l’ancienne Tchécoslovaquie.
En février dernier, la même Jana Maláčová avait pourtant décidé que SOCDEM ne formerait pas de grande coalition de gauche avec « Stačilo! », car elle estimait que l’accent mis sur les questions de gauche était insuffisant.