Presse : Prague à la traîne du classement européen pour ce qui est de l'accès au logement
Cette nouvelle revue de presse se penche sur la position pro-européenne de la Tchéquie et sur la première moitié du mandat du président Petr Pavel. D’autres sujets à son menu : la prédominance des femmes dans les universités tchèques, la cherté des appartements à Prague en hausse, et une présence modeste du film tchèque au festival de Venise.
« La Tchéquie est devenue le dernier pays du groupe V4 où le gouvernement et le président sont pro-européens. Si le gouvernement est pro-européen de manière timide, le président Petr Pavel l’est de manière plus marquée. Néanmoins, par rapport à la Hongrie, à la Slovaquie et, plus récemment, à la Pologne, notre pays apparaît comme le dernier des Mohicans, clairement pro-occidental. » Voilà ce dont fait part un texte de la plume de Tomáš Sedláček, directeur de la Bibliothèque Václav Havel de Prague, publié dans le quotidien Hospodářské noviny. La question est de savoir, selon lui, combien de temps cela durera :
« Nous sommes arrivés à cette position très pro-UE sans vraiment y avoir contribué. Nous avons toujours été en quelque sorte “avec l’UE” plutôt que “dans l’UE”. En revanche, après la chute du régime communiste en Europe centrale, la Hongrie a commencé comme un pays résolument pro-européen. Il en va de même pour la Slovaquie, qui a adopté l’euro depuis longtemps et a eu plusieurs gouvernements qui étaient, souvent avec les Polonais, les plus grands enthousiastes régionaux de l’UE. La Tchéquie, quant à elle, s’est toujours tenue à l’écart, un peu en dehors de l’UE. Et voilà qu’aujourd’hui, malgré nos hésitations, nous sommes devenus les seuls sur lesquels l’UE peut compter en Europe centrale, tandis que la Hongrie et la Slovaquie sont aujourd’hui les enfants terribles de l’UE. »
Si nous restons le seul pays du groupe de Visegrad à être pro-européen et hors de l’influence russe, cela aura pour nous de nombreux avantages non seulement sur le plan diplomatique et politique, mais aussi économique. Mais, comme le prévient le chroniqueur, avec le nouveau gouvernement, issu des prochaines élections législatives, cette position pourrait changer considérablement :
« Les élections qui auront lieu dans un mois sont extrêmement importantes. Elles détermineront peut-être de quel côté de la barrière, idéologique ou réelle, nous nous tiendrons. C’est donc le moment idéal pour mettre à profit l’enthousiasme pour l’UE accumulé depuis deux décennies. Il est vrai que le gouvernement de coalition pro-occidental actuel n’est pas idéal, mais il est bien meilleur que les alternatives inverses extrêmement risquées. »
Petr Pavel à la mi-temps de son mandat présidentiel
« Petr Pavel mérite des éloges pour la première moitié de son mandat. Il a tenu ses promesses et s’est montré à bien des égards différent de ses prédécesseurs. Bien sûr, le plus difficile reste à venir pour le président de la République. Seule la manière dont il mènera les négociations post-électorales décidera s’il entrera dans l’histoire comme un président couronné de succès ou pas. » Voilà ce que l’on peut lire dans un texte publié dans le journal en ligne lidovky.cz qui récapitule les deux premières années et demie de la fonction présidentielle de Pavel :
« Tout comme Miloš Zeman ou Václav Klaus, il parcourt régulièrement les régions et se rend même dans les petites localités où les politiciens ne s’aventurent pas en dehors des campagnes électorales. Contrairement à Miloš Zeman, il n’insulte personne, ne menace pas et ne donne pas de leçons. Le président cherche à avoir une attitude positive, ce qui peut sembler peu ambitieux sur le plan intellectuel, surtout par rapport à ses prédécesseurs. Mais il se présente comme il faut, tant dans son pays qu’à l’étranger. Ce n’est pas rien, compte tenu de notre expérience. Pavel excelle notamment en politique étrangère. Ses déclarations sont en accord avec celles du gouvernement, mais il n’en est pas pour autant son porte-parole. Il suffit de rappeler, par exemple, son évaluation réaliste à long terme de la guerre en Ukraine. »
Le bilan est moins bon, du moins d’après ce qu’estime l’éditorialiste du journal, s’agissant de la politique intérieure :
« La nation regarde Petr Pavel avec une certaine suspicion, ne sachant toujours pas s’il est le président du gouvernement Fiala. En effet, malgré ses promesses, il n’a pas réussi à prendre ses distances avec le cabinet toujours en fonction. Il ne s’y est jamais vraiment opposé. Certes, c’est bien d’avoir un président qui peut se rendre n’importe où, qui se comporte de manière civilisée, n’offense personne et qui, au contraire, encourage tout le monde. Cependant, durant la période qui s’étendra entre les élections législatives d’octobre et la formation du nouveau gouvernement, les circonstances l’obligeront à prendre des décisions qui ne manqueront pas d’indigner une partie du public et de la classe politique et qui feront l’objet de critiques. »
La prédominance des femmes dans les universités tchèques
Où sont passés les hommes ? Voilà la question qui préoccupe l’auteure d’un texte publié sur le site Seznam Zprávy en lien avec la prédominance des femmes dans l’enseignement supérieur tchèque. Pendant des siècles, comme elle l’indique, les hommes ont dominé les universités, mais aujourd’hui, les rôles se sont inversés. Les femmes prennent la tête même dans des domaines longtemps considérés comme masculins et transforment ainsi l’image du monde universitaire :
« Les hommes sont rares dans les facultés de pédagogie, environ 65 % des étudiants en médecine sont des femmes et le droit est l’un des derniers domaines où les sexes sont à égalité. C’est notamment la médecine qui est en train de devenir progressivement féminisée. L’un des rares domaines où les hommes continuent de dominer largement est celui de l’informatique et des technologies de l’information. La proportion de femmes dans ces domaines varie entre 10 et 17 %. »
Les sociologues cités dans le texte estiment que les raisons de cette tendance sont à la fois socio-économiques et culturelles :
« Les jeunes filles ont d’habitude des ambitions éducatives plus élevées et obtiennent de meilleurs résultats que les garçons, ce qui leur permet de saisir plus rapidement les opportunités qui se présentent. Il s’avère également qu’elles sont généralement plus “studieuses” que les garçons. En moyenne, elles réussissent mieux dans tous les types de tests. »
La journaliste de Seznam Zprávy indique enfin que la forte présence de filles dans les universités ne se traduit pas pour autant par une proportion similaire sur le marché du travail. De même, elle ne touche pas encore les postes de direction.
Accès au logement : Prague à la traîne du classement européen
« S’agissant de l’achat d’un appartement neuf, Prague est la troisième grande ville la moins accessible d’Europe. » Un constat fait par le journal en ligne echo24.cz qui s’appuie sur les statistiques de cette année du Deloitte Property Index 2025 qui indiquent :
« Les habitants de la capitale tchèque doivent dépenser 15 salaires annuels bruts pour acquérir un appartement moyen de 70 mètres carrés. La situation s’est encore détériorée par rapport à l’année dernière. À l’époque, les Pragois n’avaient besoin “que” de 13,5 salaires annuels. Prague figure ainsi à la troisième place parmi les 75 villes européennes qui sont à cet égard examinées, seules Amsterdam et Athènes étant encore moins bien classées. Selon les dernières données de Deloitte, Prague figure également parmi les villes les plus chères d’Europe centrale et orientale en ce qui concerne le prix du loyer. Si l’on évaluait l’accessibilité au logement dans l’ensemble des pays, la Tchéquie se classerait dernière parmi les 28 États étudiés, suivie de près par la Slovaquie. »
Un espoir pour les promoteurs et les acheteurs, selon le journal, c’est le plan métropolitain de Prague qui est en cours d’élaboration et qui prévoit la construction de près de 350 000 appartements.
Une présence modeste du film tchèque au Festival de Venise
À l’occasion de l’ouverture, le 27 août, de la 82e édition du festival de Venise, le magazine Reflex s’est intéressé à la participation tchèque à ce plus ancien festival du film au monde, qui sera, à l’instar des années précédentes, assez modeste :
« Cette année, seules deux co-productions laisseront une empreinte tchèque à Venise. La nouvelle section Venice Spotlight présentera le drame bulgaro-germano-tchèque Made in EU, qui traite de l’exploitation de la main-d’œuvre dans l’industrie textile bulgare. Le réalisateur Stephan Komandarev achève ainsi sa trilogie explorant la transformation économique et morale de son pays depuis la chute du communisme, dont fait également partie le film Blažina’s Lesson, lauréat du Festival international du film de Karlovy Vary en 2023. Le film psychologique Otec (Le Père), réalisé par la cinéaste slovaque Tereza Nvotová, est une co-production slovaco-tchéco-polonaise. Il sera en compétition dans la section Orizzonti, qui met à l’honneur les jeunes cinéastes débutants et pas très connus. »
