JO d’hiver : après Sáblíková, Metoděj Jílek, le nouvel enfant prodige du patinage de vitesse tchèque
Bien qu’il n’existe toujours pas d’anneau de glace artificiel permettant la pratique de la discipline en Tchéquie, grâce à Martina Sáblíková, jamais depuis Vancouver en 2010 les épreuves de patinage de vitesse aux Jeux olympiques d’hiver ne se sont achevées sans au moins une médaille tchèque. Et grâce cette fois à l’éclosion au plus haut niveau de Metoděj Jílek, 19 ans, il pourrait bien en être de même à Milan-Cortina dans quelques semaines.
Bien sûr, hors de question d’oublier la légendaire Martina Sáblíková. À 38 ans, l’ancienne triple championne (des 3 000 et 5 000 mètres à Vancouver en 2010, puis sur 5 000 mètres à Sotchi en 2014) et septuble médaillée olympique participera, à Milan, à l’une des dernières grandes compétitions de son immense carrière.
À n’en pas douter, quels que soient ses résultats, les adieux de Sáblíková constitueront pour le public tchèque un des temps forts des Jeux à venir. Et si celle qui est aussi multiple championne du monde et d’Europe sur longues distances (26 titres au total) entend bien monter sur un podium ne serait-ce qu’encore une fois, elle espère d’abord être en mesure de ne pas se laisser submerger par ses émotions pour briller sur la glace :
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« Je ressens une certaine pression depuis que j’ai annoncé ma décision d’arrêter il y a un an. Heureusement, les Jeux olympiques ne l’accentuent pas trop. J’ai dit une chose et je m’y tiendrai : la réussite cette année sera pour moi d’abord et surtout une question de mental, pas tant de préparation physique, car l’entraînement est toujours plus ou moins le même. C’est très difficile de dire adieu à un sport que l’on a tant aimé et que l’on a pratiqué pendant vingt-cinq ans, dont plus de vingt au plus haut niveau. »
Si Sáblíková, qui à seulement 18 ans avait porté le drapeau tchèque lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de Turin en 2006 - les premiers auxquels elle prenait alors part -, a jusqu’à présent incarné pratiquement à elle seule la pratique du patinage de vitesse en Tchéquie, elle possède toutefois désormais un successeur digne de son nom.
Mieux même, la réalité, dans désormais un peu plus de trois semaines, sera que pour la première fois, donc, depuis l’éclosion de Sáblíková, c’est sur les épaules d’un autre patineur de vitesse tchèque que reposeront les principaux espoirs de médailles tchèques sur l’anneau temporaire de glace construit sur le site du Parc des Expositions de la Foire de Milan. Toutefois, à moins que vous ne soyez des fondus de sports d’hiver, son nom ne vous dira probablement pas (encore) grand-chose.
Metoděj Jílek, le champion aussi de roller
À 19 ans, après avoir remporté sur 10 000 mètres en décembre dernier à Heerenveen (Pays-Bas) la première épreuve de Coupe du monde de sa carrière dans un temps (12’29’’63) qui constituait la quatrième meilleure performance de l’histoire sur la distance, neuf mois après déjà une première médaille de bronze aux Championnats du monde (la première jamais remportée par un patineur de vitesse tchèque masculin), Metoděj Jílek fera pourtant tout simplement partie, avec Ester Ledecká en snowboard et bien évidemment les deux équipes de hockey sur glace, des sportifs tchèques sur les performances desquels tous les yeux seront fixés en février prochain en Italie.
Spécialiste lui aussi d’abord des longues distances, comme l’a confirmé son deuxième succès en Coupe du monde cette fois sur 5 000 mètres à Hamar (Norvège) toujours en décembre dernier, Jílek, double champion du monde junior aussi en 2025, est venu à la glace après être passé par le bitume et le roller, une discipline où, chez les juniors, il avait également décroché cinq titres de champion du monde il y a deux ans.
Dans un long entretien accordé à la Radio tchèque et à l’ancienne championne olympique de ski de fond Kateřina Neumannová en mars dernier, Metoděj Jílek avait ainsi expliqué comment lui, le natif de Prague, dans un pays, la Tchéquie, qui ne possède toujours aucunes installations modernes permettant sa pratique en intérieur sur un anneau artificiel, en était venu au patinage de vitesse sur glace :
« Cela s’est fait un peu par hasard. Je fais du patin à roulettes depuis l’âge de cinq ans et un jour, mes parents et moi sommes allés en faire sur la piste de Běchovice (quartier de Prague). Là-bas, nous avons fait la rencontre d’une entraîneuse qui m’a invité à rejoindre le club de roller de vitesse qu’elle dirigeait. Depuis, je n’ai jamais arrêté et ce sport me plaît toujours autant. J’en ai fait d’autres aussi : du cyclisme, du ski, des sports de combat, mais patiner a toujours été ce que je préférais. Ce n’est que vers mes 14 ans que j’ai patiné sur de la glace pour la première fois. D’abord avec des patins de hockey et sur une patinoire classique. J’ai aussi essayé avec des patins de short-track (patinage de vitesse sur courte piste), mais ce n’est que plus tard, en grandissant, que j’ai pu me rendre en Allemagne et en Pologne pour patiner sur des pistes longues classiques. »
Et puis, aussi grands Martina Sáblíková et Metoděj Jílek ont-ils été ou seront-ils prochainement, la liste tchèque pour le patinage de vitesse serait incomplète sans la surprise de dernière minute, Nikola Zdráhalová. Double médaillée d’or et d’argent sur 1 000 et 1 500 mètres aux championnats d’Europe en Pologne les 10 et 11 janvier, l’ancienne joueuse de hocke sur glace a signé, à 29 ans, rien que ça, les deux meilleures performances de sa carrière.

