Dans le grand froid de Prague, un Slavia courageux a longtemps fait grelotter le Barça

Battu (2-4) par un Barcelone techniquement supérieur, le Slavia est désormais officiellement éliminé de la Ligue des champions

Logiquement battu (2-4) par un Barcelone techniquement supérieur, mercredi, le Slavia est désormais officiellement éliminé de la Ligue des champions. Avec leurs armes, c’est néanmoins une bien belle soirée de football que les Pragois ont offerte à leurs supporters.

Slavia Prague - FC Barcelone | Photo: Guillaume Narguet,  Radio Prague Int.

Après sept journées, le Slavia reste l’une des trois seules équipes, avec Villareal et le Kaïrat Almaty, à n’avoir toujours pas remporté le moindre match dans cette Ligue des champions 2025-2026. Avec trois petits points au compteur, obtenus grâce à autant de résultats nuls, le champion de Tchéquie en titre figure dans les bas-fonds du classement, à la 34e place, ne laissant derrière lui que le club espagnol et les Kazakhs, respectivement avant-dernier et derniers.

Slavia Prague - FC Barcelone | Photo: Guillaume Narguet,  Radio Prague Int.

Avant le coup d’envoi de cette affiche de gala contre un Barcelone sans Lamine Yamal suspendu mais de retour dans la capitale tchèque après une première visite en novembre 2019, à une époque où Lionel Messi portait encore le maillot blaugrana, personne donc n’envisageait raisonnablement que le Slavia, malgré le soutien de son public et les -10 °C qu’affichait le thermomètre, puisse empocher son premier succès cette saison dans la plus prestigieuse des compétitions européennes précisément mercredi soir.

Vasil Kušej | Photo: Michal Sváček,  MF DNES,  LN/Profimedia

Très agressifs, solidaires et courageux dès l’entame du match, ce sont pourtant bien eux, les Pragois, qui ont ouvert le score dès la 10e minute à la suite d’un corner parfaitement exécuté, d’abord prolongé au premier poteau puis conclu au deuxième par le milieu offensif de poche Vasil Kušej. Et si le Barça, dominant dans le jeu et la possession du ballon, a rapidement réagi, grâce à deux frappes de Fermin Lopez auteur d’un doublé (34e et 42e), l’euphorie dans un stade d’Eden une nouvelle fois chaud bouillant malgré le froid glacial, est tout aussi vite remontée d’un cran lorsque le Slavia, suite à un nouveau corner cette fois dévié dans son propre but par le malheureux Robert Lewandowski, est parvenu à égaliser juste avant la mi-temps.

La joie du but de Vasil Kušej | Photo: Michal Sváček,  MAFRA/Profimedia

Comme tous ses partenaires, Michal Sadílek, exécuteur des corners qui ont abouti aux deux buts de son équipe, a ainsi longtemps cru que l’exploit était possible. Du coup, c’est partagé entre la fierté d’avoir tenu tête à un géant du foot européen pendant un peu plus d’une heure, jsuqu’au troisième but catalan signé Dani Olmo, d’une magnifique frappe enroulée en lucarne (63e), et la déception d’avoir fini par céder, que le milieu défensif du Slavia s’est exprimé après le match :

Fermin Lopez en action avec Michal Sadílek | Photo: Martin Divíšek,  EPA/Profimedia

« Le sentiment est mitigé. Très mitigé, même. Le match nul semblait à portée de main, surtout après la première mi-temps qui, je pense, a été notre meilleure mi-temps cette saison en Ligue des champions. Dès le début, nous avons senti que nous étions bien dans le match. Barcelone était gêné par notre agressivité, peut-être aussi par le froid. Nous avions beaucoup travaillé les coups de pied arrêtés pendant la préparation du match et cela a porté ses fruits. Malheureusement, on a vu que dès que vous commettez une petite erreur ou laissez ne serait-ce qu’un tout petit espace autour de la surface de réparation à des joueurs comme ceux de de Barcelone, ils savent immédiatement en profiter. C’est ce qui fait leur force, mais c’est aussi pour ça qu’ils jouent dans une telle équipe. Et pour nous, le résultat est que nous sommes une nouvelle fois sans le moindre point. »

Longtemps malmené, donc, par un Slavia qui n’a jamais renoncé, le Barça s’est finalement donné de l’air et a évité un dernier quart d’heure possiblement plus indécis en inscrivant un quatrième but par l’inévitable Robert Lewandowski (71e).

Slavia Prague - FC Barcelone | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

De nouveau bredouilles malgré tous les efforts déployés, les Pragois, longtemps remerciés par leurs supporters au coup de sifflet final, sont néanmoins sortis la tête haute d’un affrontement qui, pour eux, au sortir d’une trêve hivernale longue de près de six semaines, constituait le premier match officiel de l’année 2026. Satisfait du visage affiché par son équipe, l’entraîneur tchèque Jindřich Trpišovský n’a toutefois pas pu s’empêcher, après-coup, de formuler quelques regrets :

L'entraîneur du FC Barcelone Hansi Flick avec Jindřich Trpišovský | Photo: Zuzana Jarolímková,  iROZHLAS.cz

« Les joueurs ont donné le maximum et en première mi-temps, nous avons plus ou moins fait le match que nous voulions faire. Bien sûr, nous savions que les coups de pied arrêtés pouvaient être une arme importante pour inquiéter Barcelone et nous nous étions préparés pour cela. En deuxième mi-temps, Barcelone a joué de façon plus directe et verticale, et cela nous a fait commettre davantage d’erreurs comme cela est souvent le cas dans les matchs de ce niveau. Alors, oui, je suis satisfait que nous ayons inscrit deux buts, mais je suis aussi persuadé que si nous avions pris de meilleures décisions sur le terrain à certains moments du match, il aurait été possible d’obtenir un meilleur résultat. »

Pour le Slavia,  qui reste sur une série de désormais quatorze matchs sans victoire sur la scène européenne, la dernière possibilité d’obtenir un résultat enfin plus satisfaisant en Ligue des champions, plus concrètement un succès, sera le déplacement à Chypre pour y affronter le FC Paphos lors de la 8e et dernière journée de la phase de ligue, mercredi prochain.

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