Municipales : ANO a perdu du terrain dans les grandes villes, les libéraux vainqueurs à Prague

Andrej Babiš et Karel Havlíček

Parallèlement aux sénatoriales, des élections municipales se tenaient également en République tchèque, vendredi 9 et samedi 10 octobre. Comme de tradition, pour les principaux partis politiques, l’essentiel de l’attention était concentrée sur Prague et les autres grandes villes du pays.

Avec un taux moyen de participation de 48 %, ces élections municipales n’ont que modérément intéressé les Tchèques.

À Prague, le parti libéral STAN (Maires et Indépendants) est arrivé en tête avec 23,17 % des suffrages, juste devant la coalition SPOLU pro Prahu (Ensemble pour Prague – 22,05 %), qui rassemble les partis conservateur ODS et de centre-droit TOP 09. Troisième, Praha sobě (libéraux, centre), formation qui concentre son action sur la politique à l’échelle de la capitale,  a réalisé un score de 17,91 %, tandis que le mouvement ANO, principale formation de la coalition gouvernementale dirigée par Andrej Babiš, n’a recueilli les faveurs que de 14,36 % des votants, soit près de cinq points de moins qu’il y a quatre ans. Les Pirates, quant à eux, sont restés en dessous de la barre des 10 % (9,38 %). Il s’agit là pour eux d’un résultat décevant par rapport aux élections précédentes.

Des négociations vont désormais être entamées entre les différents partis pour la formation d’une coalition au conseil municipal. Dans ce cadre, STAN a d'ores et déjà exclu toute éventuelle coopération avec ANO.

Le quartier général de campagne du mouvement STAN | Photo: Michaela Danelová,  iROZHLAS.cz

S’il a estimé que, à l’échelle du pays, ces élections ont confirmé que « ANO est la force politique la plus puissante en République tchèque », tout en regrettant que les thèmes de politique nationale aient prédominé lors de la campagne au détriment des questions plus locales, le Premier ministre et leader du mouvement populiste Andrej Babiš a néanmoins reconnu que ce résultat à Prague constituait un échec. Selon le chef du gouvernement, celui-ci est la conséquence d’une campagne de longue haleine menée contre sa personne. « Il existe une haine entretenue de longue date à mon égard, persistante et systématique », a-t-il constaté.

À Brno, chef-lieu de la Moravie et deuxième plus grande ville du pays, c’est une coalition composée des chrétiens-démocrates (KDU-ČSL) et de STAN qui est arrivée en tête (27,38 % des votes et 18 mandats), devant une autre coalition de centre-droit qui rassemblait, elle trois formations (les conservateurs de l’ODS, TOP 09 et les Indépendants) et a signé un score de 18,9 % (13 mandats). Avec le gain de seulement 11 mandats et 17,14 % des suffrages, ANO, en troisième position, devra, comme à Prague, très probablement se contenter d’un rôle dans les rangs de l’opposition.

Ailleurs dans le pays, l’un des faits marquants de ces municipales aura été la perte de terrain, plus ou moins importante - et même s'il est de nouveau arrivé en tête dans certaines d'entre elles - d’ANO dans plusieurs autres grandes villes, et ce d’Ústí nad Labem (-12 points par rapport à 2022), en Bohême du nord-ouest, à Ostrava, en Moravie-Silésie, dans l’est du pays, en passant par Karlovy Vary, Zlín, České Budějovice, Liberec, Jihlava ou encore Olomouc, autant de chefs-lieux de régions.

mots clefs:
lancer la lecture

En relation