Médias publics : Andrej Babiš évoque la possibilité d’un autre type de financement
Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš (ANO) a évoqué la possibilité de renoncer au financement de la Télévision et de la Radio publiques via le budget de l’Etat, sans pour autant abandonner la suppression de la redevance audiovisuelle, a indiqué jeudi soir le directeur général de la Télévision tchèque, Hynek Chudárek, à l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement auquel le directeur de la Radio tchèque, René Zavoral, n’avait toutefois pas été convié. Selon Hynek Chudárek, Andrej Babiš s’intéresserait notamment à des modèles en vigueur dans les pays nordiques, sans toutefois préciser lesquels. La rencontre, qui a duré environ une heure, avait essentiellement un caractère informatif et n’a débouché sur aucun accord.
Hynek Chudárek a également réitéré ses exigences concernant le maintien du budget de la Télévision tchèque à son niveau actuel, soit 8,5 milliards de couronnes, ainsi que des garanties destinées à préserver l’indépendance des médias publics et une indexation de leur financement sur l’inflation. Le modèle nordique évoqué pourrait notamment s'inspirer de la Suède ou de la Finlande, où la redevance a été remplacée par des impôts spécifiques affectés au financement du service public audiovisuel. Dans ces pays, ce changement de régime a toutefois été précédé d’un long débat de fond, ce qui n’est pas le cas en Tchéquie, et le nouveau système comprend des garde-fous importants pour éviter de rendre les médias publics dépendant du pouvoir politique.
S’exprimant sur la question à la faveur d’un déplacement à Martin, en Slovaquie, le président du SPD, Tomio Okamura, a pour sa part défendu la suppression de la redevance audiovisuelle, estimant que les médias publics ne remplissaient pas leur mission et qu’il n’y avait aucune raison de les financer par une contribution obligatoire. Il assure toutefois que leur suppression ne signifierait pas la disparition de la Télévision et de la Radio publiques, dont le financement serait désormais assuré par l’Etat.