Olympic revient avec son fameux album La tortue

Skupina Olympic

En 1967, le groupe tchèque Olympic enregistre son premier disque gravé sur vinyl et intitulé La tortue. Un album événement, le tout premier disque big-beat paru dans l'ancienne Tchécoslovaquie, à l'époque du Printemps de Prague ... La tortue ressort, ces jours-ci, en CD, dans la "collection d'or" lancée par la maison de disque Supraphon. Sa réédition a enchanté les accros de ce groupe culte qui électrise le public tchèque depuis plus de quarante ans. Un coup d'oeil sur les moments forts qui ont jalonné sa belle carrière, dans cette Culture sans frontières...

Huit mille concerts, des albums vendus en République tchèque comme à l'étranger à plusieurs millions d'exemplaires, mais surtout un public ravi, des fans de tout âge et une quarantaine épanouie, dont Olympic peut être fier.

Olympic porte le nom d'un club de musique pragois. Il a débuté comme un groupe d'accompagnement au prestigieux théâtre musical Semafor, à Prague. Trois guitares, un piano, des percussions et... un projet solo en tête. En 1965, ce projet voit le jour : le groupe enregistre sa première chanson, intitulée Donne-moi plus d'amour. Et sa carrière décolle ! Avant de vous faire écouter ce grand succès d'Olympic, une petite parenthèse... Au fil des années, la composition du groupe a changé. Le seul musicien qui lui soit resté fidèle quarante ans durant s'appelle Petr Janda. Chef, guitariste et chanteur du groupe, Petr Janda est aussi un très bon compositeur : il a déjà signé plus de 500 chansons ! Dans les années 60 donc, les Beatles de Prague font craquer le coeur des Tchèques, avec cette chanson...

La tortue
En 1968, Olympic sort donc son premier album, La tortue, et part ensuite en tournée en France. Entre-temps, les chars russes arrivent en Tchécoslovaquie et les musiciens envisagent de rester, peut-être, à Paris. L'avenir ne s'annonce pas mal du tout : Olympic se produit dans des clubs français et Johnny Hallyday lui propose de participer à ses concerts au Palais des Sports de Paris. Mais... les fêtes de Noël approchent et le groupe décide de retourner dans son pays. Il reviendra en France en 1969 et sera, de nouveau, tenté de rester. Voici un souvenir nostalgique de ces deux séjours français... Bonsoir mademoiselle Paris...

Arrivent les années 70 et 80, l'époque des mélodies sucrées, des chanteuses aux cheveux ondulés et des chanteurs aux chemises en tweed qui avaient une seule mission : semer la joie de vivre. Et les rockers dans tout cela ? La musique d'Olympic, et ses textes peu ordinaires, ne correspondaient pas trop aux normes de la culture officielle. Et pourtant, le groupe arrive à survivre, fidèle à son originalité. Il veille aussi à ne pas briser les contacts avec l'étranger et enregistre plusieurs albums en anglais, destinés au public occidental. En Tchécoslovaquie, Olympic glane des prix et donne des concerts à guichets fermés. Le groupe fait les choses en grand : ses concerts, ce sont des big shows, où les costumes et accessoires extravagants, les décors sophistiqués et les effets spéciaux ne manquent pas. Dans leurs chansons, les musiciens évoquent des sujets qui les interpellent et qui sont, d'ailleurs, toujours d'actualité : l'écologie et les relations humaines... La chanson Moi (en tchèque Ja) est un portrait percutant d'un égoïste...

Après la Révolution de velours, en 1989, Olympic se dissout. Petr Janda fonde son propre studio musical et sa maison de disques. Il collabore avec d'autres musiciens et sort plusieurs albums solos. Mais... petit à petit, la nostalgie l'envahit... Et alors, au milieu des années 90, deux guitaristes, un pianiste et un percussionniste reviennent sur scène... et remportent, de nouveau, un immense succès ! Les concerts d'Olympic sont excitants et bondés : des papas, des mamans et leurs enfants entonnent, debout, ses grands tubes... Le rocker éternel Petr Janda, la soixantaine dépassée, continue à composer... "Je n'aime pas les chansons qui plaisent à la première écoute", a-t-il confié dans une interview. "Il faut d'abord absorber la mélodie, la digérer, apprendre à vivre avec. En fait, la chanson est comme une femme. Et dans la vie, les coups de foudre sont quand même assez rares."

Auteur: Magdalena Segertová
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