Quinze ans depuis la dernière exécution en Tchéquie
Le 2 février 1989, le dernier condamné à mort, un homme de 34 ans, a été pendu dans la salle d'exécution de la prison de Pankrac, à Prague. La peine de mort n'existe plus en Tchéquie, mais elle suscite toujours des discussions.
Selon les sondages, une grande majorité des Tchèques seraient pour la réinstitution de la peine de mort. Les organisateurs de tels sondages, comme Daniel Kunstat, du Centre d'étude de l'opinion publique, reconnaissent, pourtant, que les résultats dépendent de la période de leur réalisation. Si on effectue un sondage au moment où les médias parlent beaucoup du procès d'un tueur en série, ceux qui réclament la peine de mort seront plus nombreux.
Sur la scène politique, la situation est différente : la majorité des politiciens est contre. Petra Buzkova, ministre social-démocrate de l'Education, affirme : « La peine de mort est irréversible, et je crains une erreur de justice ». Ivan Langer, député du Parti civique démocrate, dans l'opposition, est du même avis : « Je comprends les parents qui demandent la peine de mort pour l'assassin de leur fillette, mais je suis contre sa réintroduction. C'est l'homme qui décide du destin d'un autre, et il peut se tromper. La peine de mort est irréversible ». Du côté des communistes, on serait pour la peine de mort, aussi bien parmi les électeurs du parti que du côté des dirigeants, comme le député Miroslav Ransdorf qui l'appliquerait dans les cas de meurtres en série.
Beaucoup pensent comme le dernier condamné à mort tchèque, Zdenek Vocasek : « La perpète, c'est comme la peine de mort. L'exécution non. Si vous exécutez un condamné, il n'a plus de soucis. Passez sa vie en prison est pire ». Pour l'instant, il ne semble pas que la question de la peine de mort sera remise sur le tapis législatif tchèque.




