Tchernobyl - dix-huit ans après
Le 26 avril 1986, c'était l'épouvante dans le monde, mais surtout en Europe : le réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, venait d'exploser. Le spectre du danger nucléaire était devenu réalité.
Le premier pays qui a tiré le signal d'alarme fut la Suède, le 28 avril déjà. Les instruments de mesure d'une centrale nucléaire locale indiquaient une forte hausse de la radioactivité ! L'Autriche prend immédiatement des mesures de protection, le 1er mai, l'Europe occidentale interdit l'importation des produits en provenance de Tchécoslovaquie et l'entrée des camions tchécoslovaques sur son territoire. En Tchécoslovaquie, comme dans les autres pays du bloc soviétique, c'est le blackout jusqu'au 1er mai. Pourtant, le nuage radioactif dégagé par l'explosion du réacteur de Tchernobyl a survolé, après l'Europe du Nord, la Tchécoslovaquie du 30 avril au 6 mai ! Peut-être selon les instructions de Moscou, les autorités tchécoslovaques ne permettent de publier l'information sur la catastrophe que le 1er mai. En plus de cela, elles ne mettent pas en garde contre le danger de contamination radioactive. Au contraire, les autorités communistes tchécoslovaques affirment que la santé de la population n'est aucunement menacée et qu'il est inutile de prendre des mesures extraordinnaires sur le territoire de la Tchécoslovaquie ! Le 30 mars, les stations de mesures tchécoslovaques indiquaient un taux de radioactivité de 257 becquerels par m³. Du 30 mars au 4 mai 1986, le taux de radioactivité sur le territoire tchécoslovaque était de 9 000 becquerels/seconde. En plus de cela, il avait plu. Tout cela ne suffisait pas aux autorités du régime totalitaire. Internationalisme oblige et dans l'esprit de l'idéologie totalitaire, il était impensable qu'un grave accident se produise chez le « grand frère soviétique ».
Ignorance, crainte ou ordre de Moscou ? Après Tchernobyl, on continua à distribuer du lait gratuitement dans les écoles, on ne mit pas en garde contre la consommation des légumes, champignons ou denrées alimentaires qui pouvaient être contaminés.
Dix-huit ans après la catastrophe, l'Institut de médecine expérimentale de l'Académie des sciences est arrivé à une conclusion alarmante. Les études à long terme, entre 1950 et 1999, affirme qu'il naissait toujours plus de garçons que de filles tchèques, sauf en novembre 1986. Pourquoi ? Le responsable est la catastrophe de Tchernobyl, avec son nuage radioactif qui a survolé la Tchécoslovaquie quand les futurs petits garçons, au stade de foetus encore avaient dans les trois mois. Le stade où ils sont les plus fragiles, beaucoup plus que les futures petites filles. Les spécialistes évaluent les pertes à 470 petits garçons qui ne sont pas nés. Si les experts des autres pays touchés par le nuage de Tchernobyl arrivent au même résultat, on saura que même une faible exposition à la radioactivité peut nuire gravement à la santé. Un nouveau memento pour ceux qui n'hésiteraient pas à employer le feu nucléaire !




