Asonance : L’alliance envoûtante de la musique celtique et de la langue tchèque

Asonance, photo: Site officiel du groupe

Ce dimanche, la musique celtique est à l’honneur. Mais c’est bien d’un groupe tchèque dont il s’agit. Les chevaliers du groupe Asonance écument les salles de l’ancien royaume de Bohême depuis bientôt quarante ans. Inspiré par les compositions et les ballades venues du monde celte, ce groupe folk n’oublie pas les origines de sa région et se rappelle que la Bohême doit son nom à la nation celte des Boïens qui s’y serait implantée au VIe siècle avant Jésus-Christ. Pour débuter cette émission, voici tout d’abord la ronde éponyme de leur premier album « Dva havrani » - « Les deux corbeaux » en français.

Suite à la création du groupe en 1976 par des amis musiciens du lycée Jan Neruda de Prague, ses fondateurs Jan et Pavel Lašťovička, Milan Štěrba et František Korecký ont tout d’abord suivi les voies folk et country locales appréciées à l’époque. Mais Asonance a su se renouveler tout au long des années. L’arrivée de nouveaux membres a ainsi changé peu à peu l’identité musicale du groupe. En 1982, la venue du violoniste Jan Ráb a notamment amené l’ensemble des membres du folk-band à s’intéresser de plus près aux compositions instrumentales irlandaises et écossaises. Un changement payant puiqu’en basant fréquemment ses textes sur des thèmes ou bien des personnages issus d’anciennes légendes venues d’Occident, le groupe imprègne ses douces mélodies d’une dimension mystique et envoûtante souvent associée à la musique des pays celtes.

Asonance, photo: Site officiel du groupe
Pour exemple, la chanson intitulée « Čarodějnice z Amesbury » - « La sorcière d’Amesbury », du nom d’une petite ville d’Angleterre située près des célèbres monuments préhistoriques de Stonehenge. C’est la condamnation de la magie noire et de la chasse aux sorcières à la poursuite de l’innocente Zuzana dont il est ici question.

Le nom du groupe Asonance est révélateur. Il fait référence à l’assonance, figure de style qui consiste en la répétition d’un même son vocalique dans plusieurs mots proches. Son origine étymologique vient du latin « adsonare », c’est-à-dire ‘répondre à un son par un autre son’. Le but affirmé du groupe n’est donc pas de simplement copier les superbes ballades celtiques traditionnelles mais d’utiliser toute la puissance d’évocation de la langue tchèque pour créer des compositions mélodiques originales et porteuses de sens. Son public ne se limite donc pas aux amateurs de la musique et des légendes celtes mais se compose également de tous ceux dont les compositions musicales d’Asonance bercent leurs envies d’évasion.

« Allison Gross », chanson tirée du quatrième album du groupe, reprend le thème d’une ballade celtique traditionnelle. Elle raconte l’histoire d’une sorcière d’une contrée du nord qui essaye de convaincre un homme de devenir son amant. Furieuse du refus de ce dernier, elle le transforme en dragon et l’attache à un arbre.

Après onze albums et de mémorables tournées en République tchèque, le groupe a fêté ses 35 ans de carrière au mythiqe Palác Lucerna en novembre 2011. Régulièrement invité par les organisateurs de festivals de musiques celtiques se déroulant dans les îles britanniques, Asonance semble donc voguer vers des horizons toujours aussi prometteurs.

On continue avec « Vikingové », qui comme son nom l’indique parle des Vikings, et de l’invasion des terres irlandaises par ces derniers :

« Divoký sokol » - « Le faucon féroce », est extrait de leur tout dernier album sorti en 2010, et traite du thème de l’abandon.

Avec « Barbarské pobřeží » - « La côte barbare », la quête légendaire de nouveaux horizons maritimes par les navigateurs se confronte à l’attaque des effroyables pirates.

La chanson « Alas Dair », du nom d’un héros au cœur vaillant sur les épaules duquel repose le destin de la terre d’Ecosse.

Pour finir en beauté, un étrange chevalier va vous accompagner vers l’issue de ce périple dans les contrées tchéco-celtes avec le titre « Podivný rytíř ».