Il y a soixante ans, le premier convoi de Roms tchèques était envoyé à Auschwitz

Camp de concentration d'Auschwitz

Il y a soixante ans, le premier convoi de Roms tchèques et moraves quittait la gare principale de Brno pour ne s'arrêter qu'au camp de concentration d'Auschwitz. C'était le 7 mars 1943.

Camp de concentration d'Auschwitz
Pendant le deuxième conflit mondial, la situation des Roms a pris les dimensions les plus tragiques de toute leur histoire. En six ans, les nazis ont exterminé pratiquement tous les Roms tchèques et moraves. Les débuts de ce génocide datent de 1939, lorsque le gouvernement tchèque ordonne la création de deux camps de travail punitifs, l'un à Lety, en Bohême du sud, et l'autre à Hodonin, en Moravie du sud, pour exclure les personnes asociales, y compris les Roms, de la société. Après l'attentat contre le protecteur Reinhard Heidrich, en 1942, ces camps punitifs sont transformés en des camps purement tziganes. Un an plus tard, dans le cadre de la solution finale, un arrêté de Himmler ordonne de déporter tous les Roms du protectorat, mais aussi du Reich de la Grande-Allemagne, de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg, vers le camp de concentration d'Auschwitz II - Birkenau. Presque un millier d'hommes, de femmes et d'enfants roms sont réunis, début mars, dans la cour d'une maison de la rue Masna, à Brno, pour être transportés à Auschwitz, le 7 mars 1943. Dans les années 1942-44, huit convois sont partis pour Auschwitz, avec plus de 5500 Roms sur le total de 6 000 Roms vivant dans la Tchécoslovaquie d'avant-guerre. La majorité d'entre eux ont été assassinés ou ont péri dans des conditions inhumaines. Souvent, ils étaient victimes du sinistre « docteur » du camp, Josef Mengele, qui réalisait ses expériences pseudo-scientifiques. Seuls quelque 500 Roms tchèques ont survécu à l'holocauste, la population rom ne comptant plus, après la guerre, que 800 membres.

Auteur: Astrid Hofmanová
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