Hausse du salaire minimum en Tchéquie
Le gouvernement de la République vient de décider d'une augmentation du salaire minimum garanti. Une initiative assez mal vue par certains patrons.
Lundi, le gouvernement a décidé que le salaire minimum passerait, à partir du 1er janvier 2003, de 5700 à 6200 couronnes (trente couronnes l'euro). Cette décision a été prise, en dépit des protestations des patrons et même de certains ministres. Les patrons mettent en garde contre le fait que la hausse du salaire minimum pourrait conduire à une augmentation du taux de chômage. En effet, cela signifierait non seulement une hausse des charges salariales, mais aussi sociales. Le ministre du Travail et des Affaires sociales, Zdenek Skromach, auteur du projet, refuse toutes les critiques. Pour lui, la hausse du salaire minimum conduira un grand nombre de personnes à travailler, plutôt que de rester à la maison avec les allocations chômage. Il argumente avec des chiffres : jusqu'à maintenant, le rapport entre le minimum vital et le salaire minimum était de 115 %. A partir du 1er janvier, il passera à 124 %. Pour une personne seule, il sera plus intéressant d'être employée que de percevoir les allocations. Le ministre affirme, aussi, que cette hausse du salaire minimum ne devrait pas menacer la stabilité économique des sociétés. En effet, elles concerne seulement 2 % des employés, en général, les professions non-qualifiées. Le président de l'Association des patrons, Bedrich Danda, affirme qu'il n'y aura certainement pas de licenciements massifs, mais la hausse du salaire minimum touchera les PME, surtout. Certaines petites sociétés pourraient rencontrer des problèmes. Selon le président de la Chambre économique, Jaromir Drabek, le taux de chômage pourrait augmenter d'un point, touchant certains secteurs, comme le textile, la bijouterie, par exemple. Rappelons que le taux de chomage en Tchéquie est, actuellement, de 9,3 %. De leur côté, les syndicats ne se sont déclarés qu'à moitié satisfaits de la hausse du salaire minimum. Ils demandaient 800 couronnes. Elle n'est que de 500. Pour le ministre du Travail et des Affaires sociales, c'est le bon choix : le rapport entre le salaire minimum garanti et le salaire moyen reste conservé.




