« Histoires d’une folie ordinaire » - la B.O. d'un film délirant

Photo: Sony Music

Revenons pour cette fois en 2005, année de la sortie sur les grands écrans du film de Petr Zelenka « Příběhy obyčejného šílenství » - « Histoires d’une folie ordinaire ». De nombreux musiciens, parmi lesquels notamment le violoniste et compostieur Karel Holas, ou le groupe Našrot se sont relayés à la création de la bande originale, qui n’est rien de moins qu’un agréable interlude à la fois pour les oreilles et l’esprit.

Photo: Sony Music
Sur la base de sa pièce de théâtre, qui a rencontré un grand succès auprès du public depuis sa première sur les planches du théâtre de Dejvice en 2001, le scénariste et réalisateur Petr Zelenka s’est lancé dans la production d’une comédie rapidement devenue culte sur les différentes formes de l’amour. Egalement scénariste du film Samotáři – Les Solitaires (2000), et réalisateur de nombreux autres long-métrages, tels que Knoflíkáři – Buttoners (1997) ou Rok ďábla – L’Année du diable (2001), Petr Zelenka offre au spectateur un sens de l’humour parfois proche de l’absurde mais toujours bien prononcé.

'Histoires d'une folie ordinaire'
« Histoires d’une folie ordinaire », titre en forme de clin-d’œil au recueil de nouvelles de Charles Bukowsky qui ont par la suite été transposées sur grand écran en 1981 sous le nom de « Conte de la folie ordinaire » (Storie di ordinaria follia), un film franco-italien de Marco Ferreri. Mais plongeons-nous dans l’histoire du film tchèque, dont le rôle principal a été confié à Ivan Trojan. Celui-ci est Petr, un jeune homme censé avoir sa vie bien sous contrôle. Néanmoins, il se retrouve sans cesse, et parfois involontairement, dans un tourbillon de situations absurdes. Et les situations auxquelles il est confronté constituent une entrave à sa vie amoureuse et même à sa carrière prometteuse de contrôleur de la circulation aérienne.

Notre héros, Petr, est « dégradé » de la tour de navigation pour se retrouver à l'aéroport au volant d’un chariot élévateur. Sa relation avec sa bien-aimée Jana est remplacée par un étrange voyeurisme, demandé et payé par ses voisins. Les parents de Petr sont des gens un peu particuliers, eux aussi : sa mère est obsédée par la charité et par les colis de vêtements usés envoyés aux victimes des bombardements de guerre ou de catastrophes naturelles dans le monde, tandis que son père, qui avait par le passé prêté sa forte voix aux hebdomadaires socialistes, redécouvre des moments de liberté, sans toutefois bien savoir quoi en faire. Sans révéler l’épilogue du film, il y est bien question d’enchaînements de situations saugrenues qui vous feront peut-être redécouvrir un point de vue absolument nouveau sur vos propres folies ordinaires.

Karel Holas, photo: Alžběta Švarcová, ČRo
La plupart des chansons de la bande originale ont été composées par Karel Holas, membre de Čechomor, un groupe très populaire qu’évoque aussi, entre la fiction et la réalité, un autre film de Petr Zelenka - L’année du diable. Karel Holas, qui a également été un des membres du groupe České srdce – Le cœur tchèque, a notamment travaillé avec Etc... ou Dobrohošť et s’est produit avec le groupe Tři sestry – Les trois soeurs. Evoquons également la chanteuse tchéco-espagnole Kateřina García, la petite-fille d'Alfons Mucha, qui réinterprète la chanson de 1983 de Carlos Mejia Godoy, « La consigna », ainsi que le musicien Jan P.Muchow et sa chanson « Storey story » spécialement composée pour le film.