Jana Tylova, la Tchèque championne du monde de Sudoku, prête à défendre son titre à domicile

Jana Tylova, photo: CTK

Ce mercredi commencent dans la capitale tchèque les championnats du monde de sudoku, ce jeu de logique devenu phénomène mondial en quelques mois. Pour ceux qui ne connaissent pas le sudoku, disons que c'est un jeu de logique qui consiste à remplir une grille avec des chiffres de 1 à 9 sur un modèle inspiré du carré latin. L'année dernière en Italie, c'est une Tchèque, Jana Tylova, qui avait remporté la première édition des championnats du monde à la surprise générale.

Jana Tylova, photo: CTK
A 32 ans, Jana Tylova n'a aujourd'hui qu'une ambition : conserver son titre, et cette fois-ci devant son public. Nous l'avons rencontrée juste avant le début de la compétition, à Usti nad Labem, dans le nord du pays, où elle exerce la profession d'expert comptable. Jana Tylova met environ trois minutes pour remplir une grille simple de sudoku. Selon elle, la logique est un don mais l'entraînement est indispensable pour des compétitions à haut-niveau :

« Je m'entraîne d'abord sur internet, où je fais deux concours par jour et en tout quatre grilles par jour. Mais juste avant le championnat du monde, je profite de tout moment que j'ai de libre dans la semaine pour m'entraîner, et le week-end quand je suis à la maison, j'y passe aussi une heure ou deux... »

Quand on demande à Jana Tylova comment on devient champion du monde de Sudoku, pas de mystère, mais des années de pratique de jeux de logique :

« J'ai commencé en faisant des mots-croisés avec mon papa quand j'était petite. Et puis j'ai vu que la logique était quelque chose qui fonctionnait bien chez moi. Et quand les compétitions internationales de jeux de logique ont commencé, ça m'a attirée. Et puis les magazines spécialisés ont commencé à publier divers jeux, que je pratique depuis une quinzaine d'années. »

Dans le championnat du monde qui commence mercredi à Prague, Jana Tylova va mener une équipe tchèque forte de six joueurs, une équipe mixte :

« Paradoxalement, je suis plus l'exception qui confirme la règle. En majorité, ce sont surtout des hommes. L'année dernière, il y avait un tiers de femmes dans la compétition. J'ai fini première, mais la deuxième femme était pointée à la dix-huitième position... Les hommes prennent en général le haut du classement, la question est de savoir pourquoi... Je pense que c'est parce que les hommes s'entraînent plus. Les femmes, une fois qu'elles ont des enfants, ont moins de temps à se consacrer à ce genre de bêtises... »

Elle n'est pas aussi connue que Pavel Nedved ou Jaromir Jagr, mais Jana Tylova avoue avec modestie que les gens commencent à la reconnaître dans la rue et que ça lui fait plaisir de recevoir les encouragements de fans pour cette semaine de compétition qui s'achèvera dimanche prochain. Mais gagner un deuxième titre ne sera pas une mince affaire :

« La concurrence va être beaucoup plus difficile cette année. Il y a des concurrents d'une trentaine de pays différents, et je sais qu'une partie des meilleurs n'étaient pas aux premiers championnats du monde en Italie, mais seront à Prague cette semaine... alors ça risque d'être beaucoup plus dur cette année. »

Le sudoku, devenu un phénomène planétaire en l'espace de quelques mois, reste avant tout une compétition de passionnés, même si quelques sponsors commencent à s'y intéresser et si quelques éditeurs ont su profiter de l'engouement du public pour lancer bon nombre de magazines spécialisés. Mais, pour la championne du monde, pas besoin d'argent pour être motivée :

« Je pense qu'il n'y aura que des prix matériels assez modestes. L'année dernière, j'ai reçu un diplôme, une play-station, un beau bouquet de fleurs et une bouteille de vin italien. Pas d'argent, ou pas de gros prix, c'est plus pour le prestige. »

Jana Tylova, pour ces championnats du monde, sera équipée de son crayon préféré et de son porte-bonheur, un petit cheval en bois. Pas de dopage, assure-t-elle, même pas de guronsan ni de vitamines.

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