La décrue et l'heure des comptes
Les cours d'eau tchèques sont rentrés dans leurs lits, mais la Tchéquie est l'image de la désolation. Une désolation qui ne semble pas abattre, heureusement, ni la population sinistrée ou non, ni les autorités qui lui font face... Alain Slivinsky.
Les eaux sont tombées, l'heure est aux comptes. Un lourd bilan pour la République tchèque : dans les trois milliards d'euros ! Il apparaît que 504 communes, villes ou villages ont été inondés, dans le millier d'habitations détruit, et envrion 70 000 personnes sans-abri, la reconstruction devrait durer plus de deux ans, le gouvernement ne pense pas créer un impôt inondation. A la Chambre des députés, le Premier ministre, Vladimir Spidla, a mis en garde : après les inondations, la phase la plus difficile commence avec la liquidation des dégâts. Les spécialistes sont on ne peut plus clairs : les travaux de reconstruction seront laborieux, chers et, surtout, prendront beaucoup de temps. Il semble qu'en 2004 seulement, les séquelles de ces inondations catastrophiques en République tchèque ne seront plus visibles. Le gouvernement a adopté un programme de liquidation des dégâts, pour les jours à venir au moins. En premier lieu, l'état d'urgence a été prolongé. Le Premier ministre présente l'argument suivant : il est, ainsi, possible de recruter les jeunes qui effectuent un service militaire alternatif, tout comme d'engager les chômeurs dans des travaux de reconstruction. De son côté, le ministre des Finances a la tâche de trouver des réserves dans le budget de l'Etat. L'introduction d'un impôt extraordinaire est exclue. Les finances sont une chose, mais la population sinistrée et les équipes de sauveteurs sont aussi menacées par d'autres dangers : les risques d'infections diverses. En effet, beaucoup de déchets alimentaires flottent sur les eaux, dans les quartiers pragois encore inondés, dans d'autres localités. Pour cela, il devient urgent de vacciner les personnes qui participent aux travaux de liquidation des dégâts. Il faut aussi accélérer les travaux de nettoyage, sinon, comme le dit le directeur du service d'hygiène pragois, Vladimir Polanecky : « On aurait des vers partout, des risques de jaunisse, de leptospirose ou même de typhus. Ce serait terrible ».
Et l'aide de l'étranger ? Les équipes d'au moins 18 pays sont venues assister la République dans sa lutte contre la catastrophe : des Français, des Belges, des Grecs, des Danois, des Allemands et d'autres. Fascinant de constater que ces derniers sont les plus nombreux, alors que leur pays, lui-même, est confronté, dans certaines régions, aux mêmes inondations catastrophiques que la Tchéquie. La solidarité n'a pas de frontière, vraiment...




