La Messe glagolitique, retour aux racines des peuples slaves

L’œuvre des apôtres des Slaves, Cyril et Méthode, a inspiré aussi la musique du XXe siècle. Le philosophe Cyril ou Constantin et son frère Méthode, évêque de Sirmium en Pannonie, ont évangélisé, au IXe siècle, les peuples slaves qui vivaient en Europe centrale. C’est grâce à ces apôtres que s’est ouvert aux peuples d’Europe centrale l’accès à la culture byzantine et qu’a pu s’épanouir leur propre culture.

Cyril et Méthode leur ont donné leur premier alphabet et leurs premiers textes religieux : évangile, psautier, épîtres, offices. L’alphabet créé par Cyril était probablement l’alphabet glagolitique. Au XXe siècle, les textes liturgiques en vieux slavon traduits en alphabet glagolitique inspirent le compositeur morave Leoš Janáček. A l’époque où Alfons Mucha célèbre l’idée du panslavisme avec son Epopée slave, un cycle de tableaux monumentaux, Leoš Janáček crée « La Messe glagolitique ». Selon la musicologue Milena Černohorská, la Messe glagolitique constitue incontestablement le témoignage le plus puissant de la mentalité slave du grand compositeur : « En comparaison avec l’expression digne, pathétique ou mystique de la foi religieuse telle qu’elle se manifeste dans les messe latines, remarque Milena Černohorská, la messe de Janáček,
Leoš Janáček
par la rudesse, la spontanéité de son langage ainsi que par son panthéisme païen, apparaît comme la manifestation d’un esprit foncièrement différent d’autant plus que l’auteur de la Messe, imbu d’un sentiment profondément slave, retourne dans sa fantaisie jusqu’aux temps de l’ancienne communauté des peuples slaves. Ce n’est donc pas le texte slavon de l’œuvre (qui garde par ailleurs la disposition traditionnelle de la messe latine) qui fait de la Messe glagolitique une œuvre unique dans la musique universelle. »