Les inondations... après
Quinze jours de tension... elle est tombée, comme les eaux des cours d'eau qui ont meurtri une grande partie de la Bohême. Le début de « l'après » inondations en République tchèque, par Alain Slivinsky.
Au début, une eau de vingt ans, très vite on passe à cinquante ans, pour arriver, quelques jours après le début de la crue de la Vltava, à la crue du siècle, voire la crue des cinq cents derniers ans ! Les prévisions des services de la météo, de l'hydrométéorologie, ont-ils été les bons ? Une question qui apparaît, sur certaines lèvres, quand les eaux de la plupart des cours d'eau de la Bohême du sud, du centre et du nord, sont retombées. Certaines localités pensent poursuivre en justice ces services... Peut-être les prévisions n'étaient pas des plus exactes... Peut-être, mais les prévisions ne sont-elles pas que des prévisions, la réalité pouvant nous réserver une toute autre image ? L'image actuelle de la République tchèque, de la Bohême souffrante, ce ne sont plus des prévisions, c'est la réalité crue, la plus brutale. Une réalité de « après », une réalité de boue, de biens détruits, de plantes, fleurs et arbres figés comme des sculptures. Malheureusement, il ne s'agit pas des statues du pont Charles, à Prague, ou des statues du pont centenaire, dans la petite ville de Pisek, mais de la conséquence des inondations catastrophiques que vient de vivre la Tchéquie. Une réalité cruelle : Prague commence à respirer à l'air libre, comme Ceske Budejovice, comme Cesky Krumlov, comme Melnik, comme Usti nad Labem... Hrensko, une petite ville recherchée par les touristes pour son site pittoresque, est sous les eaux encore. On parle beaucoup des grandes villes, des villes connues, mais combien de petites localités sont encore plus touchées ? Metly, une petite commune a vu une grande partie de ses habitations détruite. A Spolana, une grande usine chimique a dû faire face à une fuite de chlore, Decin, le grand port fluvial, était menacé par ses péniches à quai. Les dégâts représentent des millions, non... des milliards d'euros. L'heure, aujourd'hui, est à la reconstruction, mais aussi à la réflexion. Comment prévoir et endiguer de telles catastrophes que nous prévoient, d'ailleurs, les spécialistes en la matière ? Certainement, comme beaucoup de villes et localités l'ont fait. Le coût de l'opération est cher, certes, mais le coût d'une seule vie humaine, ou animale, n'est-il pas encore plus cher ? Le philosophe dira : l'homme et sa civilisation sont contre la nature ? Peut-être, mais l'homme ne serait-il pas issu de cette même nature ? Donc ne devrait-il pas vivre en symbiose avec elle ? Force est de constater, qu'après les inondations moraves catastrophiques, elles aussi, en 1997, la République tchèque a vécu un cataclysme encore plus grave, mais les mesures prises par les autorités ont profité des expériences d'alors : meilleure organisation des opérations, évacuation, sauvetage et reconstruction, moins de pertes en vie humaine (quatorze actuellement), prise en considération de la catastrophe et de ses conséquences, non seulement par la société tchèque, mais aussi par la communauté internationale.




