Adoption du budget de l'Etat, mais l'enseignement proteste toujours

Protestation des étudiants, photo: CTK

Le budget de l'Etat pour 2004 vient de passer à la Chambre avec un déficit record. Les écoles supérieures recevront ce qui leur était promis. Cela n'a pas empêché les enseignants et leurs étudiants de continuer dans leur mouvement de protestation.

Protestation des étudiants,  photo: CTK
Les professeurs, les chargés de cours, les étudiants des écoles supérieures en ont « ras le bol », c'est le moins qu'on puisse dire. Après des manifestations à Olomouc, en Moravie, ils sont descendus dans la rue, ce mercredi, pour protester contre la politique du gouvernement en matière d'enseignement. La manifestation a eu lieu devant le siège de la Chambre des députés, au moment où les représentants de la nation décidaient de ce qu'ils feront des impôts du contribuable, donc du budget de l'Etat pour l'année prochaine. A noter que ce sont les premières manifestations des écoles supérieures, depuis celles de 1989 qui avaient conduit à la chute du communisme. Les professeurs ne cachent pas que cela ne leur plaît pas tellement de descendre dans la rue, mais ils ont l'impression qu'ils n'ont plus d'autres possibilités pour contraindre le gouvernement à s'intéresser à leur sort. Beaucoup sont déçus, comme Frantisek Jezek, le président du Conseil des écoles supérieures, qui affirme : « Si on m'avait dit, en 1989, que les professeurs et les chargés de cours devront descendre dans la rue, quatorze ans après, j'aurais dit que c'était fou ». Aujourd'hui, selon lui, les conditions de travail des écoles supérieures sont si misérables qu'il est étonné que les étudiants désirent encore étudier. Le recteur de la prestigieuse Université Charles, Ivan Wilhelm, ne mâche pas ses mots.

« Il est impossible d'attendre, cette année, l'année prochaine, ou dans quatre ans. Il faut vraiment faire quelque chose, car cela concerne l'avenir de nos enfants, en premier lieu ».

La Chambre des députés,  photo: CTK
Et les députés, interpellés d'une manière inhabituelle ? Ils ne se sont pas montrés, à part Walter Baros, président de la commission de l'Education nationale et, pendant quelques minutes, Petra Buzkova, ministre de l'Education. Elle a réussi à convaincre ses collègues du gouvernement qu'on ne pouvait enlever 5 millions d'euros aux écoles supérieures, dans le cadre des restrictions budgétaires. D'un autre côté, elle a déclaré aux manifestants qu'elle comprenait leurs revendications, mais qu'elle était aussi membre d'un gouvernement qui n'avait pas été capable de trouver dans les 20 millions d'euros que les écoles supérieures réclament pour leur bon fonctionnement.

Et le budget de l'Etat pour 2004 ? Le gouvernement a réussi à le faire adopter par la Chambre, où il ne dispose que d'une faible majorité, avec un déficit de près de 4 milliards d'euros. Le Premier ministre, Vladimir Spidla, promet que c'est le dernier déficit d'une telle ampleur et, qu'avec l'application de la réforme des finances publiques, ce déficit budgétaire sera à la baisse dans les années à venir.