Les jeunes délinquants sont de plus en plus violents

Une affaire de meurtre d'une octogénaire, dans la région de Hradec Kralove, en Bohême de l'est, vient de tourner à l'horreur. Ce sont des enfants qui l'ont tuée.

Le 12 août, une retraitée de 81 ans est retrouvée assassinée à son domicile, dans une petite commune de la région de Hradec Kralove. La police mène l'enquête qui la conduit à un jeune pensionnaire d'un établissement de redressement des environs. Le jeune garçon, âgé de douze ans seulement, avoue son acte : il aurait tué la dame âgée, à coups de ciseaux, parce que celle-ci ne voulait pas le laisser passer la nuit chez elle. Il était en cavale et aurait volé quelques centaines de couronnes au domicile de la dame.

Pourtant, en continuant ses investigations, la police découvre l'horreur. En effet, le jeune garçon n'était pas le seul acteur du meurtre. La retraitée a été assassinée par six jeunes garçons : cinq avaient de 11 à 15 ans, le sixième avait dépassé de quelques mois les 15 ans, âge où les mineurs tombent sous le coup du code pénal. En plus de cela, le père d'un des garçons, un homme d'une quarantaine d'années, au chômage, les aurait amenés sur le lieu du crime et aurait attendu le dénouement tragique, dans sa voiture. Ce sont les faits qui donnent à réfléchir à beaucoup de monde.

L'affaire remet en question tout le système d'éducation des jeunes délinquants. En effet, les auteurs du meurtre étaient tous des pensionnaires de deux maisons de redressement différentes. Selon le directeur de l'une d'elles, Jan Vodicka, rien n'empêche les jeunes pensionnaires de sortir de l'établissement et commettre de nouveaux délits. Pour les en empêcher, il faudrait revoir la législation et instituer un régime plus sévère que celui qui existe dans les établissements de redressement pour enfants. Petra Buzkova, ministre de l'Education nationale, pense présenter au Parlement un projet de loi qui ordonnerait le placement de jeunes délinquants dangereux dans des établissements spéciaux qui ne seraient pas encore des prisons, mais où le régime seraient plus sévère. De son côté, le ministre de la Justice, Pavel Nemec, est pour qu'on abaisse encore l'âge de la responsabilité pénale, qui est de quinze ans en République tchèque. Le gouvernement a déjà adopté un projet de réforme du code pénal qui sera présenté, sous peu, au Parlement. Cela s'avère indispensable, car les statistiques sont éloquentes : les enfants ne se contentent plus de voler. Les mineurs ne reculent plus devant le vol à main armée, le viol ou même le meurtre. Il y a quelques jours, seulement, la police de la Bohême du nord a arrêté un jeune mineur suspecté de l'assassinat d'une femme de 48 ans...